Voici la correction du contrĂŽle effectuĂ© avant les vacances et rendu mercredi dernier sur lâURSS de Staline. CâĂ©tait un sujet de Brevet de 2006 que jâai lĂ©gĂšrement modifiĂ©. Correction sujet Staline Ce contenu a Ă©tĂ© publiĂ© dans Histoire, TroisiĂšme, avec comme mots-clĂ©s 3Ăšme, contrĂŽle, correction, Staline, URSS. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.
Downloadpresentation. LâURSS de Staline, La construction dâun rĂ©gime totalitaire. Quâest-ce quâun rĂ©gime totalitaire ? Câest un rĂ©gime politique dâun pays dans lequel le pouvoir appartient Ă un parti unique et Ă un dictateur (aucune opposition nâest admise). LâĂtat totalitaire contrĂŽle toute la vie politique, Ă©conomique
403 ERROR The Amazon CloudFront distribution is configured to block access from your country. We can't connect to the server for this app or website at this time. There might be too much traffic or a configuration error. Try again later, or contact the app or website owner. If you provide content to customers through CloudFront, you can find steps to troubleshoot and help prevent this error by reviewing the CloudFront documentation. Generated by cloudfront CloudFront Request ID s0rWvpaujiLNsITxiQ-1cT38-1jEDgqRWLABbE4eOYes5-m5l-T1fw==
Lecommunisme stalinien vise ainsi Ă construire une sociĂ©tĂ© Ă©galitaire sans classe sociale et Ă produire lâHomme nouveau que Trotski dĂ©crivait comme « une « version amĂ©liorĂ©e », nouvelle, de lâhomme ». 2. Lâencadrement de la sociĂ©tĂ©. Staline, qui concentre tous les pouvoir en URSS Ă partir de 1929, installe un rĂ©gime totalitaire : toute la sociĂ©tĂ© est contrĂŽlĂ©e. Il s
Verified answer 1. Staline vient au pouvoir en 1924 il succÚde Lénine qui a lui meme crée l' URSS en 1922 . Des sont arrivée il met en place une Dictature .En 1922 Lénine crée L'URSS Union des République Socialistes Soviétiques .A la mort de Lénine , Staline prends le pouvoir . Il mets en place les kolkozes collectivisation des terres agricoles . L'état mets en place les plans quinquennaux on définit des objectifs a atteindre dans les cinq ans Cette politique ne fait pas l'unanimité .Beaucoup de paysans refusent cette collectivisation , ils sont alors persécutés par la police politique NKVD et envoyé dans des camps de travaux forcés goulag trÚs souvent en Siberie . TrÚs souvent certain opposant passe devant des tribunaux truqués . Les " Grand ProcÚs de Moscou " de 1936-1938 font plus de 1 millions de meurtres a cause de c'est procés truqués .Staline mets en place un culte de la personnalité et se nomme " Petit PÚre des Peuples " . voila j'espere t'avoir aidée le texte a était fait pas moi et non chercher sur internet
LURSS de Staline est considĂ©rĂ©e comme un rĂ©gime totalitaire car Staline a tous les pouvoirs : il nây a quâun chef. De plus, il nây a quâun parti politique : le parti communiste. Il y a aussi lâutilisation du culte de la personnalitĂ© : Staline est « vĂ©nĂ©rĂ© ». Par exemple, il se fait appeler le « petit pĂšre des peuples ».
Comment associer terreur et bonheur ? Bernard BruneteauHistorien des idĂ©es, professeur Ă©mĂ©rite de science politique Ă lâuniversitĂ© de Rennes-I, Bernard Bruneteau est spĂ©cialiste des totalitarismes et a publiĂ© notamment Les totalitarismes A. Colin, 2014, GĂ©nocides- Usages et mĂ©susages dâun concept CNRS, 2019 et LâĂge totalitaire â IdĂ©es reçues sur le totalitarisme Le Cavalier Bleu, 2017. sâintĂ©resse dans cet ouvrage Ă lâinjonction du bonheur comme technique disciplinaire » et non plus uniquement Ă lâĂ©tude du totalitarisme par le seul prisme de la terreur, comme lâont fait de trĂšs nombreux historiens notamment depuis lâincontournable Origines du totalitarisme » dâH. Arendt. Si les rĂ©gimes totalitaires sont indissociables de lâusage de la terreur, ils ne peuvent toutefois exister sans la mobilisation dâune large base sociale Ă©prise de reconnaissance », chez qui la promesse de lâappartenance Ă une communautĂ© Ă©galitaire la Volksgemeinschaft » en Allemagne, dâune mission modernisatrice, de sĂ©curitĂ© et de protection a suscitĂ© une forte adhĂ©sion. Lâauteur rassemble dans cette Ă©tude le rĂ©gime stalinien et le TroisiĂšme Reich qui professent tous deux une vision du monde eschatologique, face Ă des sociĂ©tĂ©s en quĂȘte de sens et de retour Ă lâordre. Promettre â dans lâattente du Millenium Sont ici rassemblĂ©es les deux idĂ©ologies dans leur rapport Ă la modernitĂ© dĂ©mocratique libĂ©rale qui promet depuis le XIXe s. une Ă©galitĂ© des conditions . Leur critique de cette derniĂšre diffĂšre mais on y retrouve une mĂȘme affirmation de religion politique, promettant aux masses un avenir assurĂ© et forcĂ©ment meilleur. Lâauteur convoque aussi bien Hannah Arendt que John Meynard Keynes ou encore Raymond Aron dans cette explication Keynes voyant en LĂ©nine un autre Mahomet oĂč les rĂ©fĂ©rences communes Ă la religion abondent en effet cĂ©rĂ©monies et rites, idolĂątrie de lâEtat incarnĂ© dans un Chef infaillible et tout-puissant, rĂ©demption, purificationâŠ. A lâinstar des religions, les idĂ©ologies des rĂ©gimes totalitaires veulent donner aux hommes une clĂ© de comprĂ©hension de lâhistoire, du temps prĂ©sent et de lâavenir en prescrivant un remĂšde dĂ©finitif au mal qui ronge la sociĂ©tĂ© . Paradoxalement, leurs adeptes se rĂ©clament de projets laĂŻques voire antireligieux et font parfois revivre le paganisme dans le cas du nationalisme au service dâun mythe de la rĂ©gĂ©nĂ©ration . Lâhomme moderne sera chargĂ© de rebĂątir sur les ruines de lâancien monde la PremiĂšre Guerre mondiale jouant un rĂŽle majeur dans cet effondrement, accomplissant ainsi une prophĂ©tie millĂ©nariste. Bernard Bruneteau distingue cependant la nostalgie du paradis perdu inhĂ©rente au nazisme du paradis futur promis par le communisme. Les nombreuses recherches menĂ©es par lâauteur vont puiser aux sources idĂ©ologiques des rĂ©gimes totalitaires philosophes de la fin du XIXĂš et du dĂ©but du XXĂš siĂšcles, historiens contemporains des Ă©vĂ©nements ou plus rĂ©cents afin dâĂ©tayer cette comparaison entre nazisme et communisme. Age dâor passĂ© ou futur sont ainsi les deux faces des idĂ©aux millĂ©naristes Ă lâoeuvre dans lâEntre-Deux-Guerres mais reposant sur des socles plus anciens datant principalement du XIXe siĂšcle nationalisme völkisch et figure emblĂ©matique de Wagner pour les nazis, marxisme pour les communistes. Selon Bernard Bruneteau, quatre grands moments structurent ces rĂ©cits rĂ©vĂ©lation du mal aliĂ©nation capitaliste/chaos racial, dualisme eschatologique classe ou race Ă©lue / ennemi Ă©ternel, capitaliste ou Juif, transition apocalyptique guerre impĂ©rialiste, rĂ©volution libĂ©ratrice / dĂ©litement de la nation, messie sauveur, millĂ©nium imminent sociĂ©tĂ© communiste sans classe et sans Etat / communautĂ© du peuple Ă©galitaire et fraternelle . Etonnamment, le rejet de la modernitĂ© et la vĂ©nĂ©ration du passĂ© forcĂ©ment glorieux sâaccompagnent dâune fascination pour certaines formes de modernismes industrialisation, nouvelles techniques et lâidĂ©e dâune nouvelle civilisation Ă bĂątir par les tenants du nazisme comme du communisme. Promouvoir â les bĂ©nĂ©ficiaires du totalitarisme en acte Lâinclusion est allĂ©e de pair avec lâexclusion » la persĂ©cution de groupes dâindividus sâest accompagnĂ©e de la mobilisation consciente dâune partie de la population, dans le communisme comme dans le nazisme, Ă qui de nouvelles opportunitĂ©s ont Ă©tĂ© offertes. Lâhistorienne autrichienne Lucie Vargas Rosa Stern identifie dĂšs 1937 trois piliers du rĂ©gime nazi transposables au communisme selon Bernard Bruneteau le noyau des premiers fanatiques, casĂ©s puis relativement marginalisĂ©s dans lâadministration et le parti » ; le cercle des nouveaux fanatiques promus par les organisations satellites » et enfin les spĂ©cialistes , Ă qui le rĂ©gime confie les tĂąches dâorganisation » L. Vargas, La genĂšse du national-socialisme. Notes dâhistoire sociale », Annales dâhistoire Ă©conomique et sociale, nov. 1937. Lâauteur identifie ces derniers comme une nouvelle classe » qui saisit sa chance dâobtenir du rĂ©gime une ascension sociale et des avantages notamment matĂ©riels mais Ă©galement symboliques, et ce aussi bien en URSS que sous le TroisiĂšme Reich. La promotion Ă©clair dâun NikolaĂŻ Iejov ouvrier Ă 11 ans, devenu chef du NKVD en 1937 aprĂšs une carriĂšre mĂ©tĂ©oritique » puis exĂ©cutĂ© en 1940 sur ordre de Staline nâest toutefois pas reprĂ©sentative du destin de la vague de promus des annĂ©es 1930 et lâenracinement du pouvoir bolchĂ©vique ne sâexplique pas seulement par la machine totalitaire terroriste mais par la crĂ©ation dâune nouvelle classe de bĂ©nĂ©ficiaires voyant dans le rĂ©gime stalinien son propre Etat » Merle Fainsod, Smolensk Ă lâheure de Staline, Fayard, 1967. Lâexplosion des effectifs du NSDAP de 130 000 membres en 1929 Ă 5,4 millions en 1939 suit la mĂȘme logique. Lâembauche en grand nombre de fonctionnaires et de cadres territoriaux pour encadrer les diffĂ©rents organismes nouvellement créés aide sociale, organisations de jeunesse, service du travail etc⊠est une immense opportunitĂ© pour les petits employĂ©s du privĂ© ou petits fonctionnaires publics , qui adhĂšrent en masse au parti nazi dĂšs 1933. Autre personnage central de la propagande totalitaire lâingĂ©nieur, idĂ©alisĂ© et capable de rĂ©aliser lâimpossible avec des machines dignes dâun scĂ©nario de science-fiction. La seule diffĂ©rence rĂ©side dans la trĂšs faible proportion dâingĂ©nieurs qualifiĂ©s dont dispose lâURSS Ă ses dĂ©buts, contrairement Ă lâAllemagne qui a connu une trĂšs forte et prĂ©coce industrialisation. Il faut donc former massivement cette nouvelle Ă©lite, celle qui mettra en Ćuvre les fameux plans ». Leonid Brejnev, pour ne citer que lui, dĂ©bute sa carriĂšre comme ouvrier mĂ©tallurgiste avant de devenir ingĂ©nieur en 1935 grĂące Ă la formation proposĂ©e par le rĂ©gime. Câest cette gĂ©nĂ©ration qui occupe les postes stratĂ©giques trente ans plus tard, aprĂšs avoir profitĂ© de la discrimination positive et aussi des grandes purges. Tous ne connaissent pas un sort aussi heureux AndreĂŻ Tupolev a conçu ses avions, rappelle Bernard Bruneteau, dans un bureau dâĂ©tudes-prison. La mĂȘme place dâhonneur est accordĂ©e aux ingĂ©nieurs du TroisiĂšme Reich, en majoritĂ© plutĂŽt favorables au nouveau rĂ©gime et Ă la modernitĂ© quâil propose. Des martyrs » du putsch de 1923 aux plus grands noms de lâindustrie des annĂ©es 1930 Ferdinand Porsche ou Werner von Braun pour ne citer quâeux, ils sont 266 000 Ă la veille de la Seconde Guerre mondiale, et le rĂ©gime les voit comme lâun des instruments majeurs de la cohĂ©sion du Volk au moment oĂč est lancĂ©, en 1936, le Plan de quatre ans prĂ©paratoire Ă la guerre . En comparaison, les ouvriers, censĂ©s ĂȘtre au cĆur de lâappareil soviĂ©tique, ne sont que des bĂ©nĂ©ficiaires relatifs . Lâimmense effort dâindustrialisation a entraĂźnĂ© une augmentation gigantesque des effectifs 20 millions en 1940 mais les conditions de vie et de travail sont mauvaises voire catastrophiques et entraĂźnent parfois des mouvements de rĂ©sistance ouverte comme lors de la grĂšve dans les usines textiles de la rĂ©gion dâIvanovo en 1932, ou passive par nĂ©gligence volontaire, absentĂ©ismeâŠ. Toutefois, la promotion dâouvriers plus Ă©gaux que dâautres » car mieux placĂ©s dans la hiĂ©rarchie sociale est un fondement du pouvoir stalinien. Les travailleurs de choc » udarniki des grands ensembles industriels comme Magnitogorsk bĂ©nĂ©ficient mĂȘme de privilĂšges non nĂ©gligeables gratifications symboliques, meilleure alimentation malgrĂ© le rationnement⊠et annoncent lâavĂšnement du stakhanovisme Ă partir de 1935. En Allemagne, la classe ouvriĂšre nâest tout dâabord pas un pilier du rĂ©gime nazi. La rĂ©pression de toutes les organisations et syndicats communistes permet dâencadrer plus Ă©troitement les ouvriers, au moment oĂč le Reich a besoin de mobiliser une trĂšs importante main dâoeuvre pour ses grands travaux. La durĂ©e de la journĂ©e de travail excĂšde souvent les huit heures autrefois rĂ©glementaires et la pression fiscale sâaccentue. Toutefois, il ne faut pas, selon Bernard Bruneteau, nĂ©gliger les efforts faits par le TroisiĂšme Reich pour faire adhĂ©rer la classe ouvriĂšre aux valeurs du rĂ©gime voir lâouvrage de David Schoenbaum, Hitlerâs Social Revolution, 1966 la bataille du travail » permet de rĂ©sorber totalement le chĂŽmage en 1937, le concours de lâentreprise modĂšle » en 1936 incite les propriĂ©taires dâusines Ă amĂ©liorer le confort de leurs ouvriers au quotidien meilleur Ă©clairage, cantines, douches, terrains de sport, jardins fleurisâŠ. Lâorganisation Kraft durch Freude ouvre Ă la classe ouvriĂšre des loisirs jusquâalors bourgeois » voyages touristiques, activitĂ©s sportives et mĂȘme croisiĂšres! BĂ©nĂ©ficiaire net du rĂ©gime en 1939, le soldat du travailâ pouvait donc se transformer en soldat tout court » conclut Bernard Bruneteau. Les deux autres catĂ©gories mises en avant par les rĂ©gimes totalitaires sont la jeunesse et les femmes. La premiĂšre est essentielle Ă lâidĂ©ologie totalitaire et Ă la construction du monde nouveau. DĂšs octobre 1918, le Komsomol » rassemble quelques dizaines de milliers de jeunes entre 14 et 23 ans. Ils sont 6 millions en 1932, et puisent largement chez les Jeunes Pionniers » 10-14 ans fondĂ©s en 1924. Au dĂ©but des annĂ©es 1930, les attributions de lâorganisation sont multiples participer aux travaux des champs dans le cadre des kolkhozes, lutter contre lâanalphabĂ©tisme, organiser des compĂ©titions sportives⊠et visent Ă encadrer la population et diffuser lâidĂ©ologie marxiste-lĂ©niniste. Lâautonomie et la reconnaissance qui leur sont accordĂ©es donnent des ailes Ă ces jeunes idĂ©alistes, dorĂ©navant pris au sĂ©rieux par les adultes. Ce modĂšle est admirĂ© par certains Allemands, dont Klaus Mehnert, germano-russe nĂ© en 1906, membre de lâaile gauche du parti nazi et se considĂ©rant comme national-bolchĂ©vique », auteur du livre-enquĂȘte La jeunesse en Russie soviĂ©tique en 1932. Cette mĂȘme annĂ©e, la Hitler Jugend encore balbutiante ne rĂ©unit que » cent mille jeunes, mais elle voit ses effectifs exploser les annĂ©es suivantes jusquâĂ 8,7 millions en 1939, date Ă laquelle elle devient obligatoire. Elle prend le pas sur les autres groupes prĂ©existants confessionnels ou politiques et rencontre aussi le succĂšs auprĂšs de la jeunesse car elle prĂŽne lâautonomie, le courage physique, lâanti-intellectualisme mais aussi la mixitĂ© 900 jeunes filles du BDM tombĂšrent enceintes lors du congrĂšs de Nuremberg de 1936 !. De trĂšs jeunes gens accĂšdent Ă des responsabilitĂ©s Ă lâĂ©chelle locale, voire rĂ©gionale plus rarement nationale et pour ces petits chefs dâĂ©quipe issus â pour la moitiĂ© dâentre eux â des classes populaires, la reconnaissance et le prestige sont dâimportants aiguillons. Enfin, les femmes font lâobjet dâun apparent chassĂ©-croisĂ© idĂ©ologique » en Allemagne et en URSS. LâĂ©mancipation rĂ©volutionnaire dans cette derniĂšre Ă partir de 1917 droit de vote, mariage civil et divorce par consentement mutuel en 1918, instauration du 8 mars comme journĂ©e internationale de la femme en 1921, droit Ă lâavortement en 1920 et Ă la contraception en 1923 est brutalement interrompue par la rĂ©action stalinienne des annĂ©es 1930 et la femme rĂ©tablie dans son statut de mĂšre au foyer rĂ©duite au silence le divorce devient plus contraignant, lâavortement est interdit en 1936, le respect de la famille et par extension du Parti comme grande famille avec Staline comme pĂšre de famille suprĂȘme est mis en avant. Toutefois, ces derniĂšres lois rĂ©pondent aussi aux aspirations de nombreuses ouvriĂšres et paysannes, qui souhaitent entre autres que les hommes prennent le mariage davantage au sĂ©rieux et que le montant des pensions alimentaires soit augmentĂ©. La multiplication des divorces et la chute du taux de natalitĂ© sont Ă©galement problĂ©matiques pour lâEtat, qui doit dans le mĂȘme temps recruter massivement des ouvriers pour rĂ©pondre Ă ses besoins de modernisation. Il ne sâagit toutefois pas dâun total retour en arriĂšre dans la mesure oĂč les femmes entrent massivement dans lâindustrie et les services 42% de la population active en 1937 et peuvent faire carriĂšre mĂȘme si lâĂ©galitĂ© homme-femme prĂŽnĂ©e par le rĂ©gime nâest pas entiĂšrement effective. Les cas de promotion sont abondement utilisĂ©s par la propagande lâactrice Ladynina ou encore la sculptrice Vera Moukhina, chargĂ©e de rĂ©aliser lâimmense statue du couple ouvrier-kolkhozienne pour le pavillon soviĂ©tique de lâexposition universelle de Paris en 1937. Le sport, lâaĂ©ronautique le vol de 24h non stop entre Moscou et lâExtrĂȘme-Orient par Marina Raskova en 1938 et plus encore la guerre 800 000 femmes se portent volontaires pour le front Ă partir de lâĂ©tĂ© 1941 montrent lâĂ©volution du rĂŽle de la femme en Union soviĂ©tique. A lâinverse, la femme allemande a longtemps Ă©tĂ© vue comme une victime ayant subi le rĂ©gime nazi Ă la mysoginie fondamentale » Rita Thalmann, Ătre femme sous le IIIe Reich, 1981. A partir des annĂ©es 1980, les recherches historiographiques montrent pourtant que lâimmense majoritĂ© des femmes allemandes exprimĂšrent le dĂ©sir de participer au rĂ©gime, quâelles travaillĂšrent dans ses structures volontairement et en conscience » 12 millions de femmes dans les diverses organisations du TroisiĂšme Reich en 1939. Lâaide aux femmes seules, la formation en Ă©conomie domestique, lâinstauration dâun jour fĂ©riĂ© pour la FĂȘte des mĂšres ne sont pas les seuls avantages proposĂ©s. IntĂ©grer les structures nazies du BDM Bund Deutscher MĂ€del Ligue des jeunes filles allemandes de 10 Ă 18 ans, soit 4 millions dâadolescentes, de la NS-Frauenschaft 2 millions de membres ou de la section fĂ©minine du Front du Travail qui supervise 7 millions de femmes salariĂ©es offre des perspectives de promotion et de visibilitĂ©. Les besoins croissants en main dâĆuvre font Ă©galement davantage entrer les femmes dans lâindustrie de 1,2 million en 1933 Ă 1,85 million en 1939 et le tertiaire y compris dans la rĂ©pression avec la Gestapo ou dans la mise en Ćuvre des politiques eugĂ©nistes dâhygiĂšne raciale et dâeuthanasie. ProtĂ©ger â un Welfare totalitaire ? Le peu dâefficacitĂ© des dĂ©mocraties libĂ©rales face Ă la crise des annĂ©es 1930 fait paraĂźtre aux yeux des contemporains les rĂ©gimes totalitaires comme promoteurs dâune attention sociale susceptible de favoriser une conscience communautaire . Lâhistoriographie actuelle est divisĂ©e sur ce thĂšme et la dictature au service du peuple » brillamment prĂ©sentĂ©e par Götz Aly Comment Hitler a achetĂ© les Allemands, 2005 a Ă©tĂ© critiquĂ©e. Bernard Bruneteau justifie la comparaison entre les deux rĂ©gimes car le totalitarisme, quelle quâen soit la version, doit inscrire Ă son agenda politique des formes dâintervention Ă©tatiques prenant en charge des fonctions de solidaritĂ© entre les individus Ă©gauxâ, câest-Ă -dire ceux de bonne origine sociale ou raciale . Une communautĂ© imaginĂ©e, dĂ©barrassĂ©e des individus ne correspondant pas au modĂšle communiste ou nazi, doit pouvoir sâĂ©panouir une fois le rĂ©gime installĂ©. Le Peuple dâURSS peut donc profiter dâune vie meilleure » dans les annĂ©es 1930, Ă lâimage du film Le Bonheur » dâAlexandre Medvekhine 1935 dĂ©crivant le cheminement dâun moujik vers le bonheur collectif en transposant le dramatique Ă©pisode de la collectivisation dans un univers irrĂ©el de conte populaire . LâExposition agricole de 1939 Ă Moscou met en scĂšne les rĂ©ussites soviĂ©tiques, nâhĂ©sitant pas Ă instrumentaliser lâintĂ©gration des diffĂ©rentes nationalitĂ©s Ă condition quâelles servent la construction du socialisme , se posant ainsi en chantre de lâantiracisme. La communautĂ© juive est dans un premier temps plutĂŽt favorable aux bolcheviks car bĂ©nĂ©ficie dâopportunitĂ©s de promotion sociale jusquâalors impossibles la situation changera ensuite. Dans les textes, lâEtat social soviĂ©tique est extrĂȘmement novateur la Constitution de 1936 accorde le droit au travail et au repos, les assurance vieillesse, maladie et chĂŽmage, ainsi que le droit Ă lâinstruction. Dans les faits, cela profite Ă une partie seulement de la population les fameux promus des annĂ©es 1930 et contribue Ă exclure davantage les catĂ©gories sociales les plus faibles, mais la rĂ©alitĂ© perçue lâemporte sur la rĂ©alitĂ© rĂ©elle ». Lâenthousiasme de la sociĂ©tĂ© allemande pour le nouveau rĂ©gime porteur de promesses est Ă©galement notĂ© par les contemporains y compris Lloyd George, lors de son voyage en Allemagne en 1936 mais ce nâest quâĂ partir des annĂ©es 1980 que lâhistoriographie commence Ă lâadmettre comme pour le rĂŽle actif des femmes dans le nazisme. La CommunautĂ© du peuple » Volksgemeinschaft sâinscrit dans la rĂ©alitĂ© par des pratiques sociales qui incitent Ă participer au rĂ©gime et qui donc, in fine, poussent Ă accepter un systĂšme dâinclusion et dâexclusion ». Les fĂȘtes et cĂ©rĂ©monies dont raffolent les rĂ©gimes totalitaires ont Ă©galement pour but de souder la communautĂ©, grand-messes dont le public est Ă la fois spectateur et acteur par les chants, incantations et slogans. Le langage lui-mĂȘme est porteur de cohĂ©sion, comme lâa analysĂ© Victor Klemperer LTI- la langue du IIIe Reich, 1946, notamment par lâemploi massif des termes socialisme », travailleur » ou soldat ». Le but de ces diverses politiques est de modifier non pas tant les inĂ©galitĂ©s sociales ou culturelles effectives que lâimage que lâindividu se fait de lui-mĂȘme et de sa place dans la sociĂ©tĂ© », conclut Bernard Bruneteau. En rĂ©compense », celui qui sâintĂšgre dans ce cadre idĂ©al se voit offrir une multitude dâinsignes et de gratifications 170 millions dâinsignes sont produits durant lâannĂ©e 1938-39 en Allemagne ! mĂȘme si le concept de sociĂ©tĂ© de consommationâ est Ă priori antagoniste du projet totalitaire ». PĂ©nurie et rationnement en URSS font mauvais mĂ©nage avec la vision de la sociĂ©tĂ© idĂ©ale projetĂ©e par la propagande et pour lutter contre la spĂ©culation, le Second Plan 1933-37 multiplie par trois les investissements consacrĂ©s au secteur des biens de consommation ». Mais cette fois encore, câest au bĂ©nĂ©fice de la nouvelle classe de promus, en gratification pour leur loyautĂ© ! Pourtant, cela nâĂ©tait pas forcĂ©ment vĂ©cu comme inĂ©galitĂ© criante et pouvait mĂȘme symboliser lâavant-garde de ce que serait la sociĂ©tĂ© idĂ©ale pour tous. LâAllemagne nazie qui veut financer les canons et le beurre » admire ouvertement le modĂšle amĂ©ricain DeuxiĂšme Livre dâHitler, manuscrit Ă©crit en 1928, suite non publiĂ©e de Mein Kampf, dont elle dĂ©veloppe les deux produits-phares la voiture Volkswagen et la radio VolksempfĂ€nger Ă grand renfort de publicitĂ©. La radio devient le moyen de diffusion massive de la propagande quasiment toutes les familles possĂšdent un poste Ă la veille de la Seconde Guerre Mondiale, contre 4 millions de postes pour 66 millions dâhabitants en 1933. La Coccinelle connaĂźt un succĂšs bien moindre puisque lâusine inachevĂ©e au moment de la guerre est reconvertie pour la production dâarmement et aucune voiture nâa pu ĂȘtre livrĂ©e aux 270 000 souscripteurs Ă 95% issus des classes moyennes, les ouvriers ne pouvant payer le crĂ©dit de 5 RM par semaine. Le dernier aspect du chapitre revient sur la joie totalitaire en partie Ă©voquĂ©e plus haut, abondamment relatĂ©e par les journalistes et voyageurs qui visitent les deux rĂ©gions. Le tourisme et le sport se dĂ©veloppent pas question de bronzer idiot camps modĂšles dâalpinisme en URSS ouverts, ici encore, essentiellement aux jeunes cadres promus du rĂ©gime, tourisme allemand mĂ©moriel sur les traces du FĂŒhrer ou plus classique y compris hors des frontiĂšres, principalement en Italie et au Danemark et mĂȘmeâŠen URSS !. Massif et Ă destination des classes populaires, le tourisme strictement encadrĂ© de la KDF Kraft durch Freude connaĂźt Ă©galement un grand succĂšs 45 millions de sĂ©jours organisĂ©s entre 1933 et 1939 mais les chercheurs ont montrĂ© que ce sont une fois encore les classes moyennes qui ont le plus profitĂ© des croisiĂšres, soirĂ©es et concerts proposĂ©s. Cette joie partagĂ©e Freude permet Ă©galement le renforcement de la Volksgemeinschaft. La station balnĂ©aire construite sur lâĂźle de RĂŒgen Ă partir de 1936, devait ĂȘtre la plus grande du monde 20 000 plaisanciers Ă des prix imbattables, pour faire bĂ©nĂ©ficier davantage les ouvriers de loisirs autrefois bourgeois, mais la guerre interrompt le chantier. Les autres loisirs comme le cinĂ©ma sont Ă©galement primordiaux et les populations des deux rĂ©gimes plĂ©biscitent les comĂ©dies musicales dont les chiffres dâentrĂ©es battent des records au dĂ©triment des films de propagande ! et les films sentimentaux, symboles peut-ĂȘtre encore de cette joie totalitaire » mĂȘme si ce type de cinĂ©ma a une Ă©vidente fonction de camouflage politique . Fasciner â les horizons de lâutopie Les rĂ©gimes totalitaires se lĂ©gitiment par le mouvement et la rĂ©volution permanente », contre toute routinisation mortifĂšre », et programment ce que Bernard Bruneteau nomme un activisme promĂ©thĂ©en », mĂȘme sâil prend une forme diffĂ©rente dans lâURSS stalinienne et dans lâAllemagne nazie. Ces utopies sâinscrivent dans le cadre du Millenium promis voir partie I. Lâarchitecture nouvelle doit jouer un rĂŽle de premier plan dans la construction de la ville idĂ©ale qui parfois peut devenir une absence de ville, quand lâhabitat se disperse le long des voies de communication grĂące aux progrĂšs techniques, selon la conception des disurbanistes » soviĂ©tiques. La rĂ©action stalinienne marque ici encore la fin des projets et revient Ă la ville monumentale classique projet du gigantesque Palais des Soviets dĂ©butĂ© en 1937 mais interrompu par la guerre puis dĂ©mantelĂ©, et ses constructions profitent une fois encore principalement Ă lâĂ©lite de la nomenklatura Ă lâexception du mĂ©tro, dont les luxueuses stations sont surnommĂ©es le palais souterrain » Ă partir de 1935 et de nombreux projets nâaboutissent pas. Les villes nouvelles industrielles Magnitogorsk doivent incarner lâutopie de la ville socialiste parfaite et ne se soucient pas des consĂ©quences environnementales dĂ©sastreuses Le paysage est un gĂ©ant enchaĂźnĂ© avec des clous dâusine », Louis Aragon Hourra lâOural, 1934. A lâinverse, lâutopie nazie est intensĂ©ment verte » mais les moyens pour lâatteindre sont, eux, intensĂ©ment modernes, mĂ©caniques et techniques !. Les images du nationalisme romantique du XIXe siĂšcle sont reprises pour vanter les vertus de la campagne et du retour aux sources. Le programme de Reich sans villes » Blut und Boden repose sur trois volets amĂ©liorer le bien-ĂȘtre des habitants des campagnes soirĂ©es de villages au son de musiques traditionnelles anti-jazz ; travaux dâembellissement, construction de terrains de sport⊠; installations de colonies en milieu rural 80 000 familles bĂ©nĂ©ficieront dâun habitat rustique avec jardin couplĂ© Ă une installation de petit Ă©levage » ; dĂ©veloppement de citĂ©s-jardins pĂ©piniĂšres de la vie allemande », loin des grandes villes. Câest le Heimat pays, terroir quâil faut protĂ©ger avant tout, en directe continuitĂ© avec les thĂ©ories de Wilhelm Henrich Riehl Land und Leute, 1854. DĂšs 1933 sont votĂ©es des lois de protection animale, de protection des forĂȘts 1934 et plus gĂ©nĂ©ralement de protection dâespace reconnus comme Ă©cologiquement importants. Toutefois, les dĂ©rogations se multiplient, lâindustrialisation et la marche Ă la guerre prenant le pas sur les considĂ©rations environnementales. Les historiens ne sâaccordent pas tous sur les liens entre nazisme et Ă©cologie, mais pour Bernard Bruneteau, il sâagit dâun faux dĂ©bat, lâĂ©cologie Ă©tant sujette Ă interprĂ©tation en fonction des contenus possibles, quâils soient libertaire, marxiste ou rĂ©actionnaire ». Dans ce cadre, lâhomme nouveau est par excellence lâhabitant de lâutopie » Michel Heller, La Machine et les rouages. La formation de lâhomme soviĂ©tique, 1985. LâidĂ©e nâest pas nouvelle les LumiĂšres, la RĂ©volution française ou encore les communautĂ©s type phalanstĂšre mais revĂȘt dĂ©sormais un caractĂšre de surhomme, Ă©minemment martial, et affranchi des idĂ©es et contraintes de lâancien monde. Lâ Homo sovieticus » Alexandre Zinoviev, 1983 est construit par Ă©dification Ă travers quatre modĂšles de hĂ©ros celui du travail Stakhanov, celui du parti souvent martyr de la cause, celui du sport par exemple lâaviateur Valerii Chkatov, qui vole au-dessus du PĂŽle Nord et enfin le hĂ©ros patriotique Alexandre Nevski, dans le film dâEisenstein. La construction de lâhomme nouveau dans lâAllemagne nazie sâest faite Ă lâopposĂ© par sĂ©lection. Longtemps vu par les historiens comme la vague rĂ©surrection de modĂšles anciens » lĂ©gionnaire romain, chevalier teutonique, lâhomme nouveau est aujourdâhui perçu comme au cĆur des idĂ©ologies fasciste et nazie, entre rupture avec un passĂ© dĂ©cadent et retour Ă un Ăąge dâor glorieux. Le thĂšme de lâhomme nouveau est davantage exploitĂ© par Mussolini Hitler utilisant peu le terme, mais on retrouve un modĂšle dâindividu dans la sociĂ©tĂ© du TroisiĂšme Reich le guerrier sous toutes ses formes, but ultime des politiques sanitaire hygiĂ©nistes et eugĂ©nistes. Impossible de ne pas Ă©voquer les statues dâArno Breker ou le corps triomphant des athlĂštes filmĂ©s par Leni Riefenstahl en 1936. La science doit permettre dâobtenir le nouveau Volk entiĂšrement pur un tiers seulement des Allemands appartiendrait Ă la bonne souche raciale » !. DĂšs 1933, une sĂ©rie de lois met ce programme en Ćuvre stĂ©rilisation des personnes atteintes de maladie hĂ©rĂ©ditaire, lois de Nuremberg pour la protection du sang allemand » en 1935, fichage des citoyens pour attribuer des certificats de santĂ© gĂ©nĂ©tique »âŠ, jusquâĂ la persĂ©cution systĂ©matique de tous les individus ne correspondant pas Ă lâobjectif fixĂ© asociaux, homosexuels, Juifs, TziganesâŠ. Toujours au nom de la santĂ©, les nazis lancent les premiĂšres grandes campagnes hygiĂ©nistes contre le tabac, lâalcool, le pain blanc ou encore lâamiante. La mĂ©decine du TroisiĂšme Reich est la premiĂšre Ă Ă©tablir le rapport entre le cancer du poumon et la consommation de tabac ! Les deux tiers des mĂ©decins allemands appartiennent Ă au moins une grande organisation nazie et applaudissent les rĂ©sultats de cette politique hygiĂ©niste y compris dans ses aspects les plus brutaux. Enfin, lâEden de lâEst » qui clĂŽture lâouvrage est commun aux deux rĂ©gimes totalitaires. En URSS, câest la SibĂ©rie, terre des possibles, Ă la fois sauvage et libre, Ă domestiquer par la force. Des milliers de volontaires du Komsomol partent en 1932 crĂ©er une ville sur les rives de lâAmour le chantier sera catastrophique, des milliers de juifs partent Ă la frontiĂšre chinoise pour y cultiver les terres projet initialement prĂ©vu en CrimĂ©e, Ă grand renfort de propagande sur le dĂ©sir juif de fonder une patrie », en contradiction avec la politique antisĂ©mite de lâAllemagne nazie au mĂȘme moment. Câest Ă©galement dans les contrĂ©es inhospitaliĂšres de lâEst que sont envoyĂ©s les indĂ©sirables koulaks, saboteurs, marginauxâŠ, selon un plan rationnel mais une pratique dĂ©connectĂ©e de la rĂ©alitĂ© lâĂźle de Nazino est inhabitable et une grande partie des dĂ©portĂ©s y meurt en 1933. Le goulag doit permettre de refondre » lâĂąme des dĂ©viants par le travail. Entre 1930 et 1953, 15 millions de personnes travaillent dans 146 camps et des milliers dâannexes, Ă une Ă©poque oĂč lâURSS a besoin dâune trĂšs importante main dâĆuvre pour pallier la dĂ©ficience technologique ». La logique Ă©conomique lâemporte sur lâidĂ©ologie. Pour lâAllemagne nazie, lâEst doit ĂȘtre conquis pour rĂ©pondre aux besoins du Lebensraum thĂ©orie dĂ©veloppĂ©e dans Mein Kampf, mais sans passer dĂ©sormais par la germanisation des populations comme sous Bismarck il sâagit dĂ©sormais de germaniser le sol », dans des rĂ©gions oĂč lâinfluence allemande se faisait autrefois ressentir. Historiens, sociologues, Ă©conomistes, gĂ©ographes et juristes mĂšnent les recherches au sein de lâOstforschung et vont finalement lĂ©gitimer la solution du nettoyage ethnique » par leurs travaux de classification des populations. Dans ce lieu neuf qui sera vidĂ© de ses habitants sâouvrira alors un immense terrain dâexpĂ©rimentations, Ă rĂ©amĂ©nager selon les principes du gĂ©ographe Walter Christaller ancien membre du SPD ralliĂ© au rĂ©gime autour des lieux centraux il soutient sa thĂšse sur les villes allemandes du sud en 1933. Les projets sont multiples mais nâaboutissent pas en raison de multiples difficultĂ©s de rĂ©alisation les populations allemandes sont peu enclines Ă aller sâinstaller Ă lâEst, malgrĂ© la propagande intense autour de lâextension du Lebensraum et surtout du tournant de la guerre en 1942. Dans ce livre passionnant, Bernard Bruneteau offre un nouveau regard sur les sociĂ©tĂ©s totalitaires et sur les rĂ©gimes qui les ont créées/transformĂ©es/manipulĂ©es, sâintĂ©grant dans le courant historiographique apparu depuis les annĂ©es 2000 pour lequel le communisme ici stalinien et le nazisme nâont pas pour seul point commun la terreur. La trĂšs grande richesse des sources et les nombreuses citations en font un livre-rĂ©fĂ©rence Ă lire absolument ! En complĂ©ment le trĂšs intĂ©ressant podcast Ils ont vĂ©cu heureux sous des rĂ©gimes totalitaires » RCF, le 21/06/2022, interviews croisĂ©es de Bernard Bruneteau et dâAlexis Lacroix historien des idĂ©es, producteur sur France Culture professeur de lettres modernes Ă lâUniversitĂ© catholique de Lille, auteur de La RĂ©publique assassinĂ©e â Weimar 1922, Ed. du Cerf, 2022.
LURSS sous Staline est un Ătat souvent prĂ©sentĂ© comme l'un des principaux exemples de rĂ©gime totalitaire, modelĂ© par un dirigeant qui disposait de la totalitĂ© des pouvoirs.Entre 1927 et 1929 Joseph Staline, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral (ou Guensek) du Parti communiste pan-soviĂ©tique des bolcheviks depuis 1922, achĂšve de devenir le maĂźtre absolu du pays.
Cet article[1] essaie de dresser un panorama sur le dĂ©veloppement et la place de la pensĂ©e politique dâArendt, tout autant en soulignant les craintes qui lâaniment quâen la positionnant vis-Ă -vis des principales figures de la pensĂ©e politique occidentale. Lâobjet est de donner au lecteur un aperçu du continent cachĂ© de pensĂ©e » selon lâheureuse image de Margaret Canovan qui sous-tend les diffĂ©rentes Ă©tapes de lâitinĂ©raire de Hannah Arendt comme penseur politique et de montrer comment les diffĂ©rentes piĂšces sâassemblent en une rĂ©flexion soutenue et profonde sur la nature de la politique, sur le domaine public et sur les forces qui menacent constamment de transformer la vie moderne en une nouvelle forme de barbarie. [1] Traduction libre » de lâarticle de Dana Villa dans The Cambridge Companion to Hannah Arendt », 2000, Cambridge University Press Les Origines du Totalitarisme Les Origines du Totalitarisme est Ă©crit, simplement, pour commencer ce quâArendt appelle le dialogue interminable » avec une forme de politique nouvelle et horrible, qui ne peut ĂȘtre comprise Ă partir de prĂ©cĂ©dents historiques ou en utilisant des catĂ©gories sociales scientifiques homogĂ©nĂ©isantes. Câest dans ce livre quâArendt commence Ă se dĂ©battre avec le problĂšme du mal politique âle mal comme politique âĂ une Ă©chelle Ă©norme et jusquâici inimaginable. Elle est convaincue, trĂšs tĂŽt, que les rĂ©gimes nazis et staliniens reprĂ©sentent une forme de gouvernement totalement nouvelle» ne ressemblant Ă aucune des catĂ©gories construites par Aristote ou Montesquieu ; forme entiĂšrement construite sur la terreur et la fiction idĂ©ologique et vouĂ©e Ă un mouvement destructeur perpĂ©tuel. Arendt estime que câest une grave erreur de considĂ©rer les rĂ©gimes totalitaires comme des versions actuelles des tyrannies dâautrefois, qui utilisaient la terreur simplement comme un instrument prĂ©cieux pour prendre et garder le pouvoir. Aussi, lorsquâArendt passe en revue les rĂ©gimes totalitaires et leurs institutions centrales », les camps de concentration et dâextermination, insiste-t-elle sur combien peu rationnelle est leur stratĂ©gie de terreur. Ce ne sont pas les ennemis du rĂ©gime dĂ©jĂ Ă©liminĂ©s lors de la prise du pouvoir par le totalitarisme, mais une population totalement innocente juifs, gitans, homosexuels, intellectuels, handicapĂ©s qui est tuĂ©e une fois le rĂ©gime en place. Cette extermination de catĂ©gories entiĂšres dâinnocents a lieu en accord avec une supposĂ©e Loi de la nature ou de lâHistoire, qui rĂ©duit tout le dĂ©veloppement historique Ă une guerre entre races ou classes. Pour Arendt, la terreur nâest pas un moyen mais lâessence mĂȘme des rĂ©gimes totalitaires. Cela soulĂšve deux questions. PremiĂšrement, comment un rĂ©gime dont lâessence mĂȘme est la terreur a-t-il pu prendre le pouvoir ? Sur quoi se basait sa puissance dâattraction sur les masses ? DeuxiĂšmement, comme se fait-il que ce soit la culture europĂ©enne, la culture occidentale qui ait donnĂ© naissance Ă ces expĂ©riences pathologiques de ce quâArendt appelle la domination totale » ? Pour Arendt la puissance dâattraction du totalitarisme se situe dans son idĂ©ologie. Pour des millions de personne brutalement dĂ©racinĂ©es de leur place usuelle dans lâordre social par la Guerre Mondiale, la Grande DĂ©pression et la RĂ©volution, la notion quâune simple idĂ©e puisse, Ă travers sa logique inhĂ©rente », rĂ©vĂ©ler les mystĂšres de lâensemble du processus historique âles secrets du passĂ©, les mĂ©andres du prĂ©sent et les incertitudes du futur âest extrĂȘmement rĂ©confortante[1]. Une fois acceptĂ©s les prĂ©mices de lâidĂ©ologie âc'est-Ă -dire, lâidĂ©e que toute lâhistoire est lâhistoire de la lutte des classes Marxisme ou le dĂ©veloppement naturel rĂ©sultant du combat entre les races Nazisme, chaque action du rĂ©gime peut logiquement ĂȘtre dĂ©duite » et justifiĂ©e en termes de Loi » de lâHistoire ou de la Nature. LâidĂ©e de la lutte des classes entraine logiquement celle de lâexistence de classes agonisantes » qui seront bientĂŽt emportĂ©es dans les poubelles de lâhistoire et qui peuvent y ĂȘtre aidĂ©es, de mĂȘme que la conception, par les nazis, du combat des races et des cultures entraine lâidĂ©e de races inaptes » que leur infĂ©rioritĂ© conduit Ă lâextinction dans la lutte Darwinienne pour la vie et la domination. Lâaffirmation sans complexe de lâidĂ©ologie totalitaire Ă la fois dans sa forme marxiste et national-socialiste est que la logique de son idĂ©e animatrice centrale reflĂšte la logique mĂȘme du processus historique ou naturel. Les rĂ©gimes totalitaires peuvent alors affirmer une autoritĂ© qui transcende toutes les lois simplement humaines et tous les accords que ces rĂ©gimes traitent avec un mĂ©pris Ă peine dĂ©guisĂ©, une autoritĂ© directement dĂ©rivĂ©e des lois du mouvement » qui gouvernent le processus naturel ou historique[2]. La certitude acquise avec la possession apparente dâune telle clĂ© de lâhistoire » nous aide Ă comprendre la puissance dâattraction du totalitarisme. Mais quâen est-il de la seconde question ? Comment se fait-il que ce soit lâEurope, la maison des LumiĂšres et des Droits de lâHomme, qui ait donnĂ© naissance Ă une forme de politique aussi brutalement meurtriĂšre que le totalitarisme ? La rĂ©ponse dâArendt Ă cette question est complexe et comporte de multiples facettes ; tout rĂ©sumĂ© risquerait de la simplifier au point de la dĂ©former. Nous pouvons cependant noter quâArendt voit lâhistoire de lâEurope moderne comme, dans une large part, celle dâune sĂ©rie de pathologies, avec le totalitarisme comme pathologie culminante »[3]. Les totalitarismes nazis et soviĂ©tiques ne sont pas des aberrations nĂ©es de dysfonctionnements spĂ©cifiques des caractĂšres ou des politiques des nations ; ils sont plutĂŽt des phĂ©nomĂšnes rendus possibles par une constellation particuliĂšre dâĂ©vĂšnements et de tendances dans lâhistoire et la culture de lâEurope moderne. Dominant, parmi ces Ă©lĂ©ments, lâimpĂ©rialisme du XIXe siĂšcle, avec sa focalisation sur lâexpansion pour lâexpansion et lâaccumulation illimitĂ©e de richesses. Cette poursuite sans limite de la richesse et de lâempire Ă©branla les structures auto-limitantes de lâĂtat-nation et prĂ©figura la poursuite totalitaire de la conquĂȘte globale. De plus, aux yeux dâArendt, cela reprĂ©sente le triomphe du bourgeois qui convoite la richesse et le pouvoir Ă nâimporte quel prix sur le citoyen qui se sent concernĂ© par le domaine public et la prĂ©servation des droits et des libertĂ©s. En dissolvant les frontiĂšres stables du monde public, de façon Ă sâĂ©tendre et Ă gagner de plus en plus, lâimpĂ©rialisme prĂ©para la venue de mouvements politiques qui nâĂ©taient plus concernĂ©s par le souci dâun monde public stable et limitĂ©, mais par la conquĂȘte et lâauto-affirmation dâune identitĂ© nationale ethnique ou raciale. LâimpĂ©rialisme mit aussi les europĂ©ens en contact avec les populations aborigĂšnes, ce qui âvu Ă travers le prisme des prĂ©jugĂ©s et dâune pseudoscience raciste, eut pour effet dâaccentuer le sentiment europĂ©en de supĂ©rioritĂ© raciale. Racisme et impĂ©rialisme furent les conditions sine qua non du totalitarisme. Afin de comprendre le lien, Arendt nous entraine dans lâesprit dâun raciste europĂ©en rencontrant pour la premiĂšre fois une culture primitive », non blanche. Son premier exemple est le colon boer de lâAfrique du sud, qui dĂ©veloppa une puissante idĂ©ologie raciste Ă partir de sa confrontation initiale avec un groupe dâĂȘtres humains dont la soumission Ă la nature et lâapparent manque de civilisation les faisait sembler Ă peine plus Ă©voluĂ©s que des animaux. Pour les Boers, la Race apportait une explication de fortune Ă lâexistence ces ĂȘtres quâaucun homme appartenant Ă lâEurope ou au monde civilisĂ© ne pouvait comprendre et dont lâhumanitĂ© apparaissait si terrifiante et si humiliante aux yeux des immigrants quâils ne pouvaient imaginer appartenir plus longtemps au mĂȘme genre humain[4]». La politique meurtriĂšre des Boers envers les Africains fut parmi les atrocitĂ©s les plus abominables de lâĂ©poque impĂ©rialiste, mais ne fut guĂšre unique quant Ă ses prĂ©jugĂ©s racistes. Lâexpansion impĂ©rialiste de lâEurope encouragea la crĂ©ation dâun monde moral articulĂ© principalement non selon les lois, les institutions et les droits, mais plutĂŽt selon la distinction entre un groupe racial et un autre. CombinĂ© avec la montĂ©e de ce quâArendt appelle le nationalisme tribal » dans lâEurope centrale et lâEurope de lâEst, lâimpĂ©rialisme garantissait plus ou moins que les catĂ©gories raciales et ethniques pour lâidentitĂ© des groupes opposĂ©es Ă la catĂ©gorie lĂ©gale de citoyen deviendraient la rĂ©alitĂ© morale fondamentale pour un nombre Ă©norme dâeuropĂ©ens, et les lentilles Ă travers lesquelles ils percevraient le monde et ceux qui Ă©taient diffĂ©rents dâeux. Que de telles catĂ©gories fussent bientĂŽt utilisĂ©es contre des europĂ©ens fut une autre consĂ©quence de lâĂ©pistĂ©mologie morale secrĂ©tĂ©e par la politique identitaire nouvellement façonnĂ©e par lâimpĂ©rialisme occidental et le nationalisme. Dans la vision dâArendt, impĂ©rialisme et racisme furent des Ă©lĂ©ments nĂ©cessaires mais pas suffisants dans la constellation dâĂ©vĂšnements et de tendances qui suscitĂšrent le totalitarisme. Une condition supplĂ©mentaire essentielle fut la dĂ©lĂ©gitimation des institutions politiques en place aux yeux de millions de gens ordinaire Ă travers lâEurope. La premiĂšre Ă blĂąmer pour cette dĂ©lĂ©gitimation est la bourgeoisie continentale, qui exploita honteusement les institutions publiques pour la poursuite dâintĂ©rĂȘts Ă©conomiques privĂ©s ou de classe. Exclue et aliĂ©nĂ©e par la politique des Ătats-nations en dĂ©veloppement pendant le XVIIIe et le dĂ©but du XIXe siĂšcle, la bourgeoisie se trouva Ă©mancipĂ©e politiquement et renforcĂ©e par lâimpĂ©rialisme de la seconde moitiĂ© du XIXe siĂšcle, libre de manipuler les instruments publics dans sa poursuite dâune plus grande richesse et dâun plus grand pouvoir. Le rĂ©sultat fut une attĂ©nuation complĂšte de lâidĂ©e de citoyennetĂ©, et un cynisme envahissant Ă lâĂ©gard des institutions publiques. Ce cynisme trouva son expression la plus claire dans ce quâArendt appelle lâalliance entre la populace mob et lâĂ©lite », une convergence politiquement importante entre des intellectuels et les mouvements extrĂ©mistes de gauche et de droite nĂ©s dans la rue ». Ces groupes Ă©taient unis par leur mĂ©pris partagĂ© de la politique parlementaire et le manque patent de sincĂ©ritĂ© de lâappel des bourgeois Ă lâintĂ©rĂȘt public ». Pour Arendt, le totalitarisme ne sâest donc pas dĂ©veloppĂ© Ă partir de courants idĂ©ologiquement et philosophiquement troubles du XIXe siĂšcle ou de tout autre. Il a, plutĂŽt, Ă©tĂ© rendu possible par le dĂ©clin de lâĂtat-nation, la mise en Ćuvre de pratiques concrĂštes de domination justifiĂ©es par le racisme par les impĂ©rialistes europĂ©ens, et par le fait que trĂšs grands nombres de personnes ont Ă©tĂ© isolĂ©es et rendues vulnĂ©rables par des Ă©vĂšnements traumatisants au plan social et Ă©conomique. Ces personnes âles masses » par opposition Ă la populace » ou Ă lâĂ©lite » âse sont tournĂ©es vers les mouvements totalitaires du fait de leur dĂ©connexion de leurs semblables, du monde et de la responsabilitĂ© de citoyen. Cette dĂ©connexion les inclina Ă trouver le confort dans lâidĂ©ologie totalitaire et le sentiment dâavoir un but Ă travers lâactivisme simpliste quâelle demandait. Tout cela malgrĂ© les assauts conduits par les mouvements totalitaires contre la nature et la dignitĂ© humaine au nom de la crĂ©ation dâun homme nouveau ». [1] Arendt, OT, [2] Arendt, OT, Cf. Hannah Arendt âWhat is Authority ? in Arendt, BPF, [3] See George Kateb, Hannah Arendt Politics, Conscience, Evil Totowa, NJ Rowman and Allanheld, 1983, [4] OT, page 451 Du totalitarisme Ă la tradition Lâanalyse menĂ©e par Arendt de la nature et des conditions de dĂ©veloppement du totalitarisme la conduisit Ă tirer des conclusions fortement Ă©tayĂ©es sur les dangers de la vie moderne et les moyens de les Ă©viter ou de les contenir. En tout premier lieu, la dynamique de destruction des rĂ©gimes totalitaires lui fit accorder la plus haute valeur Ă la structure relativement permanente, créée par les lois et les institutions, dâun domaine public stable. Comme Hobbes et en accord avec la tradition moderne de la pensĂ©e politique, Arendt considĂšre la sociĂ©tĂ© politique comme artificielle plutĂŽt que naturelle, comme quelque chose créée et prĂ©servĂ©e par les ĂȘtres humains contre les menaces de la nature et leurs propres tendances destructrices. Il y a, de ce fait, une dimension significativement conservatrice dans la pensĂ©e dâArendt, qui met lâaccent Ă la fois sur la fragilitĂ© et le caractĂšre artificiel » de la vie civilisĂ©e, et sur lâimpĂ©ratif associĂ© de prĂ©server ou de prendre soin du monde ». Ses peurs, concernant la façon dont ce monde soigneusement construit pourrait ĂȘtre englouti par les forces dâun barbarisme culturel ou dĂ©vastĂ© par lâintensification capitalistique des rythmes de production et de consommation, la conduisirent Ă surveiller anxieusement la sociĂ©tĂ© moderne. Sa critique culturelle se focalisa sur les forces qui minent notre passion pour la structure artificielle, se tenant entre lâhomme et la nature, et qui rend la vie civilisĂ©e et lâexpression tangible de la libertĂ© humaine possibles. Lâhybris politique du totalitarisme Ă©tait seulement une dĂ©rive parmi dâautres. Arendt dans The Human Condition sera amenĂ©e Ă citer la tendance moderne Ă faire de la politique une servante de lâĂ©conomie comme une autre. Parce quâune fois que la sphĂšre politique est simplement perçue comme lâappareil administratif et protecteur requis par le domaine Ă©conomique le foyer national », elle perd tout droit Ă la dignitĂ©. Elle perd aussi son caractĂšre de premiĂšre arĂšne oĂč les ĂȘtres humains tentent de partager leur monde, le maintenant et le prĂ©servant contre une mer de forces naturelles ou quasi-naturelles destructrices. Le fait que ce ne soit pas une peur thĂ©orique ou simplement abstraite est visible dans la maniĂšre dont les activitĂ©s de production et de consommation, initialement relĂ©guĂ©es dans le domaine privĂ© ou familial, ont commencĂ© Ă dominer la vie des citoyens ordinaires et les prĂ©occupations des leaders politiques et des faiseurs de politiques tout autour du globe. De plus en plus, la sphĂšre Ă©conomique absorbe toutes les autres. Cela nous amĂšne Ă un autre thĂšme persistant dans lâĆuvre dâArendt, celui qui est nĂ© aussi de son analyse du totalitarisme. Dans Les Origines du Totalitarisme, Arendt attire, de façon rĂ©pĂ©tĂ©e, lâattention du lecteur sur les coĂ»ts dĂ©vastateurs engendrĂ©s par lâabandon des responsabilitĂ©s civiques et du soin du monde public âles droits, les libertĂ©s et les institutions âĂ dâautres. De son point de vue, le dĂ©veloppement dâune attitude Ă©gocentrique ou bourgeoise vis-Ă -vis de la vie publique contribue Ă©normĂ©ment Ă rendre le totalitarisme possible. LĂ oĂč la vie civique est devenue une farce, on peut compter sur les forces de la barbarie culturelle pour remplir le vide. Nâimporte quâelle minoritĂ© qui se retire de la vie civique ou accepte lâexil politique imposĂ© par la majoritĂ© risque de perdre non seulement ses droits civiques mais tout le reste. Tel fut le destin de la communautĂ© juive europĂ©enne, et une grande partie des Origines du Totalitarisme et de lâĆuvre ultĂ©rieure dâArendt est consacrĂ©e Ă souligner les dangers de ce quâelle appelle lâaliĂ©nation du monde ». Enfin, Les Origines du Totalitarisme, laissĂšrent Arendt avec un puzzle qui influencera ses explorations futures. Lâouvrage initial, nĂ© de sa propre expĂ©rience comme rĂ©fugiĂ©e de la terreur nazie, a largement Ă©tĂ© Ă©crit avec le cas de lâAllemagne en tĂȘte. Cependant Arendt entendait appliquer son analyse tout aussi bien au totalitarisme soviĂ©tique. Elle Ă©tait cependant tout Ă fait consciente de lâinadĂ©quation de son traitement du stalinisme. De plus, elle Ă©tait troublĂ©e par le fait quâalors que le Nazisme Ă©tait une idĂ©ologie nĂ©e dans la rue » qui reprĂ©sentait une rupture radicale avec la tradition occidentale de la pensĂ©e politique, la gĂ©nĂ©alogie du Marxisme soviĂ©tique pouvait ĂȘtre associĂ©e Ă lâĆuvre imposante de Karl Marx, philosophe allemand idĂ©aliste, et Ă celle des philosophes français de lâĂge des LumiĂšres. Comment Ă©tait-il possible que ce fĂ»t un corpus de pensĂ©e avec un tel pedigree intellectuel qui avait su exprimer les espoirs humanitaires les plus forts de la gauche europĂ©enne, qui pĂ»t avoir servi de base Ă une idĂ©ologie totalitaire fondĂ©e sur le dĂ©ni de la libertĂ© et de la dignitĂ© humaine ? Arendt commença Ă suspecter que la pensĂ©e de Marx ne pouvait ĂȘtre si facilement isolĂ©e de sa dĂ©formation stalinienne. En 1951, alors quâelle Ă©tait sur le point de finir Les Origines du Totalitarisme, elle proposa donc Ă la fondation Guggenheim un projet sur les Ă©lĂ©ments de totalitarisme dans le Marxisme» pour rechercher ce lien. Arendt ne termina jamais son livre sur Marx. Dans sa proposition Ă Guggenheim elle nota que accuser le Marxisme de totalitarisme revient Ă accuser la tradition occidentale elle-mĂȘme de conduire nĂ©cessairement Ă cette forme nouvelle et monstrueuse de gouvernement ». Alors que des gĂ©nĂ©alogies intellectuelles linĂ©aires du type HĂ©gĂ©lien nâont jamais fait partie de son fonds de commerce, Arendt trouva que sa recherche sur Marx la conduisit Ă reconsidĂ©rer en profondeur la tradition occidentale de la philosophie politique. Sâil y avait cependant des Ă©lĂ©ments de totalitarisme dans le Marxisme », ils devaient ĂȘtre trouvĂ©es dans les idĂ©es centrales et lâappareil de concepts de base de Marx ; dans, par exemple, sa conception de la libertĂ© comme produit de la nĂ©cessitĂ© historique ; dans lâidĂ©e que lâespĂšce humaine fait lâhistoire », dâabord de façon inconsciente puis plus tard avec volontĂ© et intention ; dans sa conception que la violence est accoucheuse de lâhistoire » ; dans sa conception de lâaction politique rĂ©volutionnaire qui, comme le processus de fabrication, consiste en un travail violent sur un matĂ©riau brut pour crĂ©er quelque chose de nouveau ; et, pour finir, dans sa prĂ©fĂ©rence pour les sujets collectifs âcomme le prolĂ©tariat » et lâespĂšce humaine » âqui agissent en accord avec les supposĂ©s intĂ©rĂȘts de classe ou dâespĂšce. Le plus elle rĂ©flĂ©chissait sur Marx, le plus Arendt en vint Ă la conclusion quâil nâĂ©tait pas du tout un ami de la libertĂ© humaine, et que ses idĂ©es et catĂ©gories fondamentales avaient gommĂ© les bases phĂ©nomĂ©nologiques de la plupart des expĂ©riences de politique de base comme le dĂ©bat entre divers Ă©gaux. Le choc rĂ©el, pour Arendt, fut cependant que Marx Ă©tait loin dâĂȘtre seul Ă cet Ă©gard. Le plus elle se plongeait dans les profondeurs de la tradition occidentale de la philosophie politique, le plus elle devenait convaincue que lâantipolitique » exprimĂ© dans la pensĂ©e de Marx avait des racines qui allaient jusquâĂ Platon et Aristote. Câest, en dâautres termes, au commencement mĂȘme de la tradition occidentale de pensĂ©e politique quâun cadre conceptuel hostile Ă la participation populaire, Ă la diversitĂ© humaine quâArendt traduit par pluralitĂ© » et au dĂ©bat entre Ă©gaux a Ă©tĂ© tracĂ©. Ce cadre a fourni lâarchitecture conceptuelle de base de la pensĂ©e occidentale avec des consĂ©quences Ă©normes sur notre façon de penser lâaction politique, la libertĂ©, le jugement, et par-dessus tout, la relation entre la pensĂ©e et lâaction. Avec ces prĂ©occupations Ă lâesprit, le travail dâArendt du milieu Ă la fin des annĂ©es 1950 tenta une rĂ©orientation fondamentale de la thĂ©orie politique. Cette rĂ©orientation comporte deux moments. En premier lieu une lecture critique ou dĂ©constructrice » des penseurs canoniques » de Platon Ă Marx, lecture visant Ă rĂ©vĂ©ler les sources de lâhostilitĂ© de la tradition envers la pluralitĂ©, lâopinion et la politique du dĂ©bat et de la dĂ©libĂ©ration entre Ă©gaux. Ensuite, la tentative de fournir une description phĂ©nomĂ©nologique de base de la vie active vita activa, le mieux pour faire la distinction entre la capacitĂ© humaine pour les discours et lâaction politique et des activitĂ©s liĂ©es Ă la nĂ©cessitĂ© naturelle comme le travail dont le but est la subsistance ou au besoin de crĂ©er, Ă travers lâĆuvre ou la fabrication, les choses durables qui constituent la dimension physique, objective de lâartifice humain ». Ces deux moments sont Ă©troitement reliĂ©s, puisquâArendt pensait que la tradition occidentale avait progressivement regroupĂ© ces composantes distinctes de la vie active travail, Ćuvre et action, crĂ©ant alors un rĂ©seau de concepts qui distordirent fondamentalement lâexpĂ©rience politique et la comprĂ©hension que nous en avons. Plus troublant, ces concepts eurent tendance Ă produire une horreur morale chaque fois quâils furent appliquĂ©s de façon programmĂ©e au domaine des affaires humaines. Repenser lâaction politique et le domaine public The Human Condition 1958 et les essais rassemblĂ©s dans Between Past and Future 1961 sont les rĂ©sultats de ce projet et marquent lâĂ©mergence dâArendt comme un penseur politique dâun niveau et dâune profondeur vraiment stupĂ©fiants. On peut dire sans risques que ces livres, avec On Revolution 1963, constituent son legs le plus durable en thĂ©orie politique. Le lecteur les approchant pour la premiĂšre fois les trouvera, cependant, quelque peu dĂ©routants. Des thĂšmes centraux, comme la nature de la justice, sont Ă peine abordĂ©s. A la place, lâĂ©nergie premiĂšre dâArendt est focalisĂ©e sur la distinction entre les expĂ©riences fondamentales et les conditions prĂ©alables du domaine public ou politique par rapport aux autres sphĂšres de la vie Ă©conomique, sociale, personnelle, religieuse, etc.. Dans The Human Condition, en particulier, Arendt semble obsĂ©dĂ©e par la dĂ©marcation spĂ©cifique du politique par rapport aux autres sphĂšres. Arendt fut convaincu par son analyse du totalitarisme que beaucoup dans le monde moderne Ă©taient impatients de renoncer Ă leur libertĂ© civique et leur responsabilitĂ©, se libĂ©rant par lĂ -mĂȘme du fardeau » de lâaction indĂ©pendante et du jugement. Le dĂ©veloppement de mouvements totalitaires fut lâexpression la plus spectaculaire de cette tendance, mais cette tendance peut aussi ĂȘtre identifiĂ©e dans les sociĂ©tĂ©s dĂ©mocratiques libĂ©rales comme les Ătats-Unis et dans la bureaucratie croissante des Ătats-providence de lâEurope. Si une majoritĂ© des personnes dans un Ătat donnĂ© pensent Ă la libertĂ© politique essentiellement comme dâĂȘtre libĂ©rĂ© de la politique comme aux Ătats-Unis ou considĂšre la politique comme lâadministration centralisĂ©e des besoins vitaux comme dans les Ătats-providence europĂ©ens, alors le domaine public et sa libertĂ© caractĂ©ristique sont certains dâĂȘtre en pĂ©ril. Bien entendu, lâhistoire de la thĂ©orie politique peut difficilement ĂȘtre tenue responsable de la croissance de lâapolitique repli sur le domaine privĂ© » ou de la conversion en clients recevant des bĂ©nĂ©fices et des droits de lâĂtat. NĂ©anmoins la tendance de la tradition dâinterprĂ©ter les phĂ©nomĂšnes politiques selon les modĂšles hiĂ©rarchiques dĂ©rivĂ©s de la famille patriarcale ou du domaine de la production concoure, avec la montĂ©e du capitalisme et dâautres dĂ©veloppements sociaux, Ă amoindrir tout ce quâil peut rester dâautonomie politique dans la vie moderne. En effet, alors que les prĂ©occupations Ă©conomiques ont commencĂ© Ă dominer la sphĂšre politique au XIXe et au XXe siĂšcle, il est devenu de plus en plus difficile de maintenir lâidĂ©e mĂȘme dâun domaine public relativement autonome, caractĂ©risĂ© par le dĂ©bat et la dĂ©libĂ©ration de citoyens passionnĂ©s. Arendt affronte cette difficultĂ© frontalement dans The Human Condition et Between Past and Future, remettant en cause chaque fois nos idĂ©es reçues sur ce quâest la politique et ce quâelle devrait ĂȘtre. Sa mĂ©thode nâest pas de dessiner un modĂšle de la politique authentique ou dâĂ©mettre autoritairement une sĂ©rie de dĂ©finitions mĂȘme si des critiques lâont accusĂ© de ces deux fautes. Câest plutĂŽt de mettre Ă jour et de rĂ©vĂ©ler ce qui a Ă©tĂ© doublement cachĂ© par lâexpĂ©rience contemporaines et les catĂ©gories dont nous avons hĂ©ritĂ©es. DâoĂč les nombreuses rĂ©fĂ©rences dâArendt Ă la politique des anciennes citĂ©s grecques, en particulier Ă lâAthĂšnes dĂ©mocratique. Elle fait appel Ă lâexpĂ©rience politique des citĂ©s grecques du Ve siĂšcle avant JĂ©sus Christ non parce quâelle pense que la politique des Grecs anciens Ă©tait exempte en quoi que ce soit de violence brutale et de coercition systĂ©matique des femmes, des esclaves et dâautres ce nâĂ©tait dâĂ©vidence pas le cas. Elle se tourne vers les Grecs, et AthĂšnes en particulier, plutĂŽt pour la simple raison que la premiĂšre floraison de la dĂ©mocratie fut parmi les plus Ă©clatantes et les plus intenses. La vie politique athĂ©nienne Ă©tait faite de paroles et dâopinions, donnait une place centrale Ă la pluralitĂ© humaine et Ă lâĂ©galitĂ© entre les citoyens pour les Grecs les adultes mĂąles chefs de famille. La politique de lâAthĂšnes dĂ©mocratique, transformĂ©e par Arendt en une sorte dâidĂ©al type », reprĂ©sente lâexpĂ©rience politique de base avant la distorsion ou pire, lâoubli dont elle souffrit de la part dâune tradition philosophique hostile. Le plus important parmi ces expĂ©riences fondamentales est la distinction claire entre les domaines privĂ© et public, une distinction que les citoyens athĂ©niens expĂ©rimentaient chaque fois quâils quittaient le foyer familial pour prendre part Ă une assemblĂ©e ou parler dans lâagora. DâaprĂšs Arendt les Grecs identifiaient le foyer familial ou oikos avec des prĂ©occupations concernant la reproduction matĂ©rielle ou biologique. CâĂ©tait la part de la vie humaine oĂč la nĂ©cessitĂ© exerçait son influence et oĂč la coercition âsous la forme de la domination du propriĂ©taire mĂąle sur sa famille et ses esclaves âĂ©tait Ă la fois inĂ©vitable et lĂ©gitime. Le domaine public reprĂ©sentĂ© par lâassemblĂ©e et lâagora Ă©tait, par ailleurs, celui de la libertĂ©. CâĂ©tait un espace lĂ©galement institutionnalisĂ© et articulĂ© dans lequel des citoyens Ă©gaux se rencontraient pour la dĂ©libĂ©ration, le dĂ©bat, et les dĂ©cisions sur les affaires communes. CâĂ©tait, de plus, lâespace oĂč quelquâun acquĂ©rait une identitĂ© un moi public en plus et distinct du moi privĂ© du foyer. En mettant en Ă©vidence ces qualitĂ©s, Arendt nâest pas en train dâapprouver la maniĂšre dont les Grecs structuraient leur domaine privĂ©. Elle souligne plutĂŽt la diffĂ©rence entre la sphĂšre politique la sphĂšre de lâĂ©galitĂ© civique et de la libertĂ© et la sphĂšre Ă©conomique ou le domaine du foyer la sphĂšre de la hiĂ©rarchie, de la nĂ©cessitĂ© et de la coercition. Nous, modernes, avons perdu la clartĂ© de cette distinction Ă cause de ce quâArendt appelle la montĂ©e du social » et la pĂ©nĂ©tration dans la vie publique des prĂ©occupations domestiques c'est-Ă -dire Ă©conomiques et administratives. Mais nous avons perdu cette distinction Ă cause des philosophes en commençant par Platon qui a créé de fausses analogies entre les domaines politique et domestique, le mieux pour rendre plus naturelle la politique hiĂ©rarchisĂ©e et autoritaire Ă ceux qui avaient Ă©tĂ© Ă©duquĂ©s dans une comprĂ©hension dĂ©mocratique de lâĂ©galitĂ© civique. Pour rĂ©sumer la pensĂ©e dâArendt le plus nous pensons le domaine public en termes de subsistance et de reproduction matĂ©rielle, le plus nous sommes prĂȘts Ă accepter la hiĂ©rarchie en lieu et place de lâĂ©galitĂ© civique ; le plus nous sommes prĂȘts Ă percevoir un gouvernement par les Ă©lites de nâimporte quâelle sorte comme la quintessence de lâactivitĂ© politique. La conclusion dâArendt est que, Ă strictement parler, gouverner nâa rien Ă voir avec la politique authentique, puisque cela dĂ©truit lâĂ©galitĂ© civique âlâĂ©galitĂ© des droits et la participation, lâisonomie âc'est-Ă -dire la marque de relations politiques et dâun domaine public dĂ©mocratique. Lâimage de la sphĂšre publique quâArendt extrait des Grecs est extrĂȘmement sĂ©duisante et, pour ses critiques au moins, particuliĂšrement utopique. Câest lâimage dâun espace public dans leq uel dĂ©bat et dĂ©libĂ©rations font ressortir les diffĂ©rents angles de vue sur une affaire ou un problĂšme, grĂące ux diffĂ©rentes perspectives individuelles que des citoyens ont sur le mĂȘme objet ». En effet, dâaprĂšs Arendt, la rĂ©alitĂ© mĂȘme du domaine public Ă©merge seulement Ă travers lâĂ©change vigoureux de paroles et dâopinions Ă©manant de perspectives multiples et diverses. LĂ oĂč un tel Ă©change manque âou lĂ oĂč le manque dâintĂ©rĂȘt empĂȘche les individus dâarticuler leurs opinions, leur ce quâil mâapparaĂźt Ă moi » âil ne peut y avoir de notion vivante dâune rĂ©alitĂ© publique. La politique ainsi conçue est Ă©videmment sujette Ă toutes les limitations du jugement humain et toutes les ambigĂŒitĂ©s et ironies de lâaction politique. Arendt ne se lassa jamais dâinsister sur comment lâaction politique â le partage de mots et dâactes » âinvariablement emmĂȘle les acteurs politiques dans un rĂ©seau dâautres ĂȘtres agissant, avec le rĂ©sultat que nâimporte quâelle action crĂ©e des consĂ©quences imprĂ©vues et parfois illimitĂ©es et atteint rarement son but initial. Dans le cĂ©lĂšbre chapitre sur lâaction de The Human Condition, elle insiste sur la faiblesse, le caractĂšre illimitĂ©, et lâimprĂ©visibilitĂ© » de lâaction politique et du domaine des affaires humaines en gĂ©nĂ©ral. Cette insistance sur la contingence de lâaction politique peut renforcer notre sentiment que la politique st un fardeau dĂ©plaisant, pris en charge uniquement par des individus hyper-responsables ou malheureusement trompĂ©s. Cependant, Arendt cĂ©lĂšbre cette contingence mĂȘme, voyant en elle de façon quasi-existentialiste une expression authentique de la tangibilitĂ© de la libertĂ© » que lâacteur expĂ©rimente chaque fois quâil ou elle initie une nouvelle et imprĂ©visible sĂ©quence dâĂ©vĂšnements dans le domaine public. Câest Ă travers des mots et des actes tout Ă fait imprĂ©visibles que lâindividu acteur non seulement dĂ©voile une identitĂ© publique unique, mais illumine le monde politique et moral partagĂ© par les citoyens. Il est conforme Ă la grande tradition de lâoccident de suivre cette ligne de pensĂ©e dâaccuser la libertĂ© de prendre lâhomme au piĂšge de la nĂ©cessitĂ©, de condamner lâaction parce que ses rĂ©sultats tombent dans un filet prĂ©dĂ©terminĂ© de relations, entrainant invariablement avec eux lâagent qui semble aliĂ©ner sa libertĂ© dans lâinstant quâil en fait usage. On ne trouve apparemment de salut contre cette sorte de libertĂ© que dans le non agir, dans lâabstention totale du domaine des affaires humaines, seul moyen pour la personne de sauvegarder sa souverainetĂ© et son intĂ©gritĂ© »[1]. Arendt se rĂ©fĂšre au vieil adage de la philosophie et du christianisme qui recommande de se retirer du monde pour poursuivre soit une sagesse hors du temps, soit le salut personnel. Mais la rĂ©ponse de la philosophie au monde rude et sans pitiĂ© » de la politique dĂ©mocratique nâest pas simplement de conseiller le retrait dans la solitude de la pensĂ©e. Au contraire, avec la philosophie des Grecs anciens commence un effort important pour redĂ©finir lâaction politique et la libertĂ© de façon Ă ce que ces phĂ©nomĂšnes puissent ĂȘtre amenĂ©s Ă un contrĂŽle rationnel et une direction hiĂ©rarchisĂ©e. Le premier pas dans cette reconceptualisation fut le façonnement de lâaction politique dâaprĂšs ces activitĂ©s humaines dans lesquelles une bonne dose de contrĂŽle ou de maĂźtrise est, de fait, possible. Arendt crĂ©dite Platon de cette modĂ©lisation de lâaction dâaprĂšs les lignes suggĂ©rĂ©es par le processus de fabrication. En imaginant lâorganisation politique Ă lâimage dâun objet fabriquĂ©, Platon fut capable dâaffirmer de façon plausible que la sagesse politique nâavait rien Ă voir avec lâĂ©change dâopinions entre pairs mais Ă©tait, en fait, une forme de connaissance dâexpertise spĂ©cialisĂ©e, comme celle possĂ©dĂ©e par un sculpteur ou un mĂ©decin. En consĂ©quence lâexpert » moral doit gouverner dans le domaine des affaires humaines, tandis que ceux ne disposant pas de cette connaissance doivent simplement obĂ©ir. Alors que la proposition de Platon dĂ©pendait, peut-ĂȘtre de maniĂšre douteuse pour nous, de sa thĂ©orie sur la transcendance des IdĂ©es, pour les versions ultĂ©rieures de ce quâArendt appelle la substitution traditionnelle du faire Ă lâagir » ce nâest plus le cas. Nous trouvons un remarquable accord entre les penseurs politiques de lâOuest sur le fait que lâaction politique est, au mieux, un moyen par lequel une finalitĂ© extrapolitique âque ce soit le salut, la prĂ©servation de la vie, la protection de la propriĂ©tĂ©, ou lâauto-affirmation du peuple Volk âest assurĂ©e. MĂȘme Aristote, Ă qui nous devons la distinction entre action praxis et fabrication poesis, voyait la politique essentiellement comme les moyens par lesquels une Ă©lite inculque une certaine idĂ©e de la vertu chez les citoyens ordinaires et les jeunes. Presque comme un seul homme, les philosophes politiques occidentaux sont passĂ©s Ă cĂŽtĂ© de la signification existentielle de lâaction politique elle-mĂȘme, la capacitĂ© Ă©tonnante de dĂ©bat et de dĂ©libĂ©ration entre divers Ă©gaux pour produire une signification et doter la vie humaine dâun sens dont autrement elle manquerait. Câest cet Ă©chec quâArendt prend comme clĂ© pour ses propres rĂ©flexions sur la nature et le sens de la politique et du domaine public. Elle ne vise rien de moins que de fournir une apprĂ©ciation philosophique de lâaction politique dans lâĂ©conomie globale de lâexistence humaine. Mener Ă bien cette tĂąche requiert que la thĂ©orie politique retrouve certaines distinctions clĂ©s et les expĂ©riences sur lesquelles elles sont basĂ©es qui ont Ă©tĂ© perdues ou obscurcies par la tradition. Cela requiert aussi de repenser des concepts politiques centraux comme lâaction, la libertĂ©, lâautoritĂ©, le jugement et le pouvoir puisque chacun de ces concepts a Ă©tĂ© dĂ©fini dâune façon largement instrumentale et donc antipolitique par une tradition hostile Ă la pluralitĂ© humaine et aux incertitudes qui lui sont associĂ©es. The Human Condition et Between Past and Future sont dĂ©diĂ©s ce projet de repensĂ©e ainsi que On Revolution et le long essai On Violence 1970. The Human Condition exploite la poĂ©sie, le théùtre et la philosophie des Grecs anciens pour montrer, comment dans sa comprĂ©hension originale, lâaction politique Ă©tait vue comme lâopposĂ© mĂȘme de la violence, de la coercition ou du gouvernement. CâĂ©tait, dans la restitution dâArendt, le partage des mots et des actes » par des Ă©gaux divers, dont lâagir ensemble », gĂ©nĂ©rait un pouvoir tout Ă fait diffĂ©rent de la capacitĂ© Ă©nergĂ©tique Ă imposer la volontĂ© dâun seul » que nous identifions gĂ©nĂ©ralement avec le pouvoir politique. La parole et la persuasion politiques entre Ă©gaux sont valables non seulement pour ce que cela permet par exemple la fondation et la prĂ©servation dâune citĂ© mais aussi pour le plaisir que cal procure for its own sake. De mĂȘme que lâexĂ©cution de lâaction initiale dans un espace public des apparences », lâaction politique manifeste la capacitĂ© de lâacteur pour la libertĂ©, dĂ©montre lâĂ©galitĂ© avec ses pairs, et rĂ©vĂšle son identitĂ© unique, son moi public », de myriades de façons imprĂ©visibles. Arendt prolonge sa repensĂ©e des concepts fondamentaux dans On Revolution, son Ă©tude la plus complĂšte sur lâaction politique moderne et la nature de la politique constitutionnelle. Travaillant contre les interprĂ©tations dominantes, libĂ©rale et marxiste, des rĂ©volutions françaises et amĂ©ricaines, elle dĂ©fend que la signification de la rĂ©volution moderne nâest pas la tentative courageuse mais vaine de vaincre la pauvretĂ© la question sociale » responsable selon elle de lâĂ©chec de la RĂ©volution Française ou lâĂ©tablissement dâun gouvernement autolimitĂ© vu typiquement comme le grand rĂ©sultat de la RĂ©volution AmĂ©ricaine. Ce que les rĂ©volutions modernes ont plutĂŽt dĂ©montrĂ©, câest comment des individus agissant ensemble avec un objectif commun peuvent crĂ©er un nouvel espace tangible de libertĂ© dans le monde, ne reposant sur rien de plus que la puissance implicite de leurs propres promesses et accords mutuels. Ce moment fondateur âla constitutio libertatis âfut un Ă©vĂšnement qui se produisit aprĂšs la lutte violente de libĂ©ration de lâoppression, lutte identifiĂ©e Ă tort selon Arendt avec la rĂ©volution. La rĂ©volution, conçue correctement, se produisait dans le mĂȘme temps que la crĂ©ation dâun ensemble dâinstitutions politiques rĂ©publicaines. Ces institutions faisaient plus que limiter lâĂ©tendue du pouvoir politique par un systĂšme de contrĂŽle mutuel Checks and Balances ce qui rendait lâidĂ©e du centralisme soviĂ©tique anachronique. Elles dĂ©limitaient ainsi un nouvel espace pour la libertĂ© publique qui accroissait, en principe, les possibilitĂ©s de participation des citoyens ordinaires. DâaprĂšs Arendt la RĂ©volution Française nâa pas rĂ©ussi Ă constituer un tel espace pour lâĂ©galitĂ© civique et la libertĂ©, puisque son Ă©nergie principale Ă©tait dirigĂ©e vers lâamĂ©lioration des conditions de vie des masses souffrantes plutĂŽt que vers lâinstitution et la protection des droits civils et politiques. La RĂ©volution AmĂ©ricaine, cependant, fut capable dâeffectuer la constitutio libertatis, grĂące Ă lâadoption de la Constitution et lâaccord de tous âfondateurs et citoyens ensemble âde la respecter. On Revolution marque un moment significatif dans la pensĂ©e politique dâArendt, une progression presquâaussi grande que son passage de lâanalyse dâune nouvelle forme de gouvernement » le totalitarisme Ă la considĂ©ration des phĂ©nomĂšnes fondamentaux de la politique. Son interprĂ©tation du moment rĂ©volutionnaire » contrecarre de façon trĂšs imagĂ©e lâexpression donnĂ©e dans The Human Condition que la vĂ©ritable politique est une chose dâun passĂ© distant Grecs ou Romains. La mĂ©moire de la libertĂ©, de lâagir ensemble, lâagir de concert » sâavĂšre ĂȘtre beaucoup plus rĂ©cente. De plus le type de mots et dâactes » qui peuvent ĂȘtre qualifiĂ©s de vĂ©ritable politique selon Arendt prend une tournure rĂ©solument moderne. Achille ne sert plus de symbole poĂ©tique de lâacteur politique par excellence, comme quelquâun capable de crĂ©er sa propre histoire de vie en exĂ©cutant un seul acte hors du commun. Les nouveaux acteurs politiques servant de modĂšle sont les pĂšres fondateurs amĂ©ricains, dont les dĂ©bats et les dĂ©libĂ©rations concernant lâĂ©criture et lâadoption de la Constitution sont prĂ©sentĂ©s par Arendt comme, en tout point, aussi exemplaires que ceux rencontrĂ©s chez HomĂšre ou Thucydide. Ce rĂ©sumĂ© peut faire rĂ©sonner On Revolution comme la cĂ©lĂ©bration sans critique des PĂšres Fondateurs » par une Ă©migrĂ©e reconnaissante. Mais ce nâest pas vraiment le cas. Aussi admirative soit-elle des PĂšres Fondateurs, Arendt ne regarda jamais la RĂ©volution AmĂ©ricaine que comme, au mieux, un succĂšs partiel. Partiel parce que les pĂšres fondateurs nâont pas rĂ©ussi Ă crĂ©er un espace institutionnel qui permettrait au citoyen de devenir un participant du gouvernement ». LâingĂ©nieux et nouveau systĂšme de gouvernement » inventĂ© par la Constitution, bien quâextrĂȘmement efficace pour Ă©quilibre chacun des pouvoirs par un autre, rĂ©duisit lâimportance de la participation politique de la base qui avait caractĂ©risĂ© la vie dans les communes et circonscriptions coloniales. Câest pour cette raison quâArendt ressuscite la proposition de Thomas Jefferson dâun systĂšme de circonscription » de conseils de citoyens locaux faisant le lien avec la crĂ©ation spontanĂ©e de conseils de travailleurs et de soldats qui accompagna le dĂ©but de la rĂ©volution de 1905 en Russie et de 1918 en Allemagne. Sa prĂ©occupation Ă©tait de trouver les moyens de revivifier lâamour du bonheur public », un amour qui avait animĂ© les hommes de lâaction rĂ©volutionnaire » du XVIIIĂšme siĂšcle. Cependant tandis quâArendt cĂ©lĂšbre le bonheur public » qui vient dâĂȘtre un participant du gouvernement », elle ne pense pas vraiment que lâengagement et la participation politiques en tant que tels soient nĂ©cessairement dignes dâĂ©loge. Au contraire sauf si ces activitĂ©s sont entreprises dans un bon esprit, avec le souci du monde public et le respect pour les activitĂ©s de dĂ©bat et de dĂ©libĂ©ration, elles peuvent trĂšs bien devenir le vĂ©hicule de passions et dâintĂ©rĂȘts antipolitiques. La force principale de On Revolution est donc de nous faire douter quâune rĂ©forme sociale radicale qualifie un authentique projet politique et de nous rendre suspicieux par rapport Ă la passion sans mĂ©lange de faire le bien une passion qui a animĂ© beaucoup de politiques radicales des XIXĂšme et XXĂšme siĂšcles. Une des plus troublantes suggestions DâArendt est que la politique animĂ©e par lâĂ©motion et la compassion ou par les critiques sĂ©vĂšres dâune morale absolue est sure dâĂȘtre impatiente avec le projet mĂ»rement rĂ©flĂ©chi de discussion et de compromis, prĂ©fĂ©rant Ă la place lâaction directe et souvent violente pour remĂ©dier aux maux de la sociĂ©tĂ©. De lĂ vient sa suggestion encore plus troublante quâune moralitĂ© appropriĂ©e doit venir de lâactivitĂ© politique elle-mĂȘme plutĂŽt que dâĂȘtre imposĂ©e de lâextĂ©rieur. En dĂ©pit de la cĂ©lĂ©bration par Arendt de lâaction politique locale faite dans un bon esprit, elle ne peut ĂȘtre rĂ©ellement associĂ©e avec les avocats de la dĂ©mocratie directe » ou radicale. Son expĂ©rience du totalitarisme la conduisit Ă insister trĂšs fortement sur lâimportance dâinstitutions temporelles et dâun cadre lĂ©gal. Seulement lĂ oĂč lâartifice mondain » a Ă©tĂ© Ă©tayĂ© par le type dâinstitutions créées par les PĂšres Fondateurs la libertĂ© politique peut survivre. Donc, alors quâArendt voit dans la RĂ©volution amĂ©ricaine le trĂ©sor perdu » dâune culture politique qui a gĂ©nĂ©ralement prĂ©fĂ©rĂ© assimiler la libertĂ© avec la poursuite du bonheur privĂ©, elle nâen blĂąme pour autant la constitution. Elle sait trop bien que la rĂ©volution permanente » est la forme de politique la plus destructrice et la plus vaine. Cette insistance sur le cadre institutionnel fournissant une maison » pour la libertĂ© dans le monde suggĂšre que Margaret Canovan a raison de situer la pensĂ©e politique DâArendt dans la tradition rĂ©publicaine classique. Cette tradition qui commence de façon ambiguĂ« avec Aristote et inclut CicĂ©ron, Machiavel, Harrington, Montesquieu et Rousseau accorde une trĂšs grande importance Ă la citoyennetĂ© active, la vertu civique, le gouvernement de la loi et lâĂ©galitĂ© politique. Ce furent les ingrĂ©dients essentiels pour prĂ©server la rĂ©publique de la corruption interne et des menaces externes. Mais alors que Machiavel, Harrington et Rousseau mettent lâaccent sur le type de vertu civique et de patriotisme trouvĂ© chez le citoyen soldat » prĂȘt Ă sacrifier sa vie pour la prĂ©servation de la libertĂ© et de lâĂ©galitĂ© rĂ©publicaines, Arendt insiste plus sur lâidentification faite par Aristote de la citoyennetĂ© au jugement et Ă lâautoritĂ©, et sur lâinsistance de Montesquieu sur le fait que les lois de la rĂ©publique Ă©tablissent non seulement des frontiĂšres entre public et privĂ© et donc les limites Ă lâaction, mais aussi des relations rapports entre citoyens. Cela nâest pas surprenant, Ă©tant donnĂ©e lâinsistance dâArendt sur la pluralitĂ© humaine et le partage dâopinions diverses comme une condition sine qua non de toute politique digne de ce nom. Son expĂ©rience de la tentative du totalitarisme de crĂ©er un homme de dimension gigantesque » Ă partir dâindividus pluriels et uniques la rendit totalement septique vis-Ă -vis de tout essai dâinculquer un sens univoque du bien public chez les citoyens. Dâun autre cĂŽtĂ© Arendt est vraiment dâaccord avec Machiavel et de façon gĂ©nĂ©rale avec le courant dominant de la tradition rĂ©publicaine classique sur le fait que les ilots de libertĂ© » que les ĂȘtres humains ont Ă©tĂ© capables dâĂ©tablir Ă travers lâaction conjointe ont Ă©tĂ© peu nombreux et Ă©loignĂ©s entre eux, et sont entourĂ©s par une mer de forces sociales et politiques hostiles. La chose publique » res publica est en constant dâĂȘtre submergĂ©e, soit par les ennemis Ă lâextĂ©rieur de la libertĂ©, ou par les citoyens oublieux des joies et des responsabilitĂ©s du bonheur public ». La derniĂšre possibilitĂ©, conclut Arendt avec regret, fut le destin de la RĂ©volution amĂ©ricaine, puisque des gĂ©nĂ©rations dâAmĂ©ricains âprivĂ©s dâun espace institutionnel oĂč expĂ©rimenter le bonheur public » et les joies du dĂ©bat public, de la dĂ©libĂ©ration et de la dĂ©cision âen sont venues Ă dĂ©finir la poursuite du bonheur » de façon croissante en termes privĂ©s et matĂ©rialistes. Pour Arendt la perte de lâesprit rĂ©volutionnaire » apparaĂźt comme une Ă©volution dangereuse, peut-ĂȘtre mĂȘme fatale, pour la santĂ© de la RĂ©publique. La rencontre dâArendt, Ă son procĂšs de JĂ©rusalem, avec un Adolf Eichmann incapable de penser » la mena Ă rĂ©flĂ©chir longuement sur la possibilitĂ© que notre capacitĂ© de penser âpar un dialogue interne avec nous-mĂȘmes âpouvait ĂȘtre cruciale pour notre capacitĂ© Ă rendre des jugements politiques et moraux et pour nous prĂ©server de la complexitĂ© avec le mal politique. Dans son essai de 1971, PensĂ©e et ConsidĂ©rations morales, elle pose le problĂšme ainsi Est-ce que la question du bien ou du mal, notre facultĂ© pour distinguer le juste du faux, pourrait ĂȘtre connectĂ©e avec notre capacitĂ© Ă penser ? ...Est-ce que lâactivitĂ© de penser en tant que telle ...fait partie des conditions qui empĂȘche de faire le mal ou mĂȘme conditionne » contre lui ? ». La rencontre dâArendt avec Eichmann la conduisit Ă se focaliser de façon croissante sur les activitĂ©s de la pensĂ©e et du jugement en tant quâelles sont reliĂ©es avec la politique. Mais ce serait un tort de conclure quâArendt, ayant dĂ©diĂ© une grande Ă©nergie intellectuelle et passion Ă lâaction politique, saisit lâimportance de ces activitĂ©s rĂ©flexives seulement tardivement. Comme Richard Bernstein le suggĂšre, la pensĂ©e et le jugement peuvent ĂȘtre perçus comme des thĂšmes persistants de sa pensĂ©e politique. Cette prĂ©occupation anime son analyse des idĂ©ologies qui tuent la pensĂ©e dans Les Origines du Totalitarisme et ses rĂ©flexions sur le problĂšme de comprendre et de juger proprement un phĂ©nomĂšne sans prĂ©cĂ©dent et initialement incomprĂ©hensible comme le totalitarisme dans Les Origines du Totalitarisme et lâessai de 1953, ComprĂ©hension et Politique. Son intĂ©rĂȘt pour le jugement est dĂ©veloppĂ© ailleurs dans ses considĂ©rations sur les liens entre opinions, faits, dĂ©libĂ©ration et jugement des annĂ©es 1960 La crise de la culture 1960 et VĂ©ritĂ© et Politique 1967. La Il reçoit son articulation la plus extensive mais non dĂ©finitive dans ses lectures sur La Philosophie Politique de Kant publiĂ©es aprĂšs sa mort sĂ©lectionnĂ©es Ă partir dâun sĂ©minaire donnĂ© en 1970 et dans les deux volumes de La Vie de lâEsprit 1976. Le troisiĂšme volume de ce dernier ouvrage âsur le jugement âest restĂ© non Ă©crit du fait de la mort de Hannah Arendt Ă lâĂąge de 69 ans en 1975. Cependant en dĂ©pit de la prĂ©sence de cet intĂ©rĂȘt depuis le tout dĂ©but de son travail thĂ©orique, il apparait effectivement un changement significatif dans lâexigence de la pensĂ©e de Hannah Arendt Ă la fi des annĂ©es 1960 et au dĂ©but des annĂ©es 1970. Elle semble passer de lâĂ©lucidation de la nature et de la signification de lâaction politique Ă une considĂ©ration du rĂŽle que la pensĂ©e, la volontĂ© et le jugement jouent, non seulement dans nos vies morale et politique, mais comme des facultĂ©s indĂ©pendantes qui constituent La Vie de lâEsprit. Beaucoup a Ă©tĂ© dit sur cette progression dans les Ă©crits universitaires sur Arendt. Il semble que la thĂ©oricienne prééminente de la vita activa a conclu sa vie en rĂ©engageant la vita contemplativa et son premier amour », la philosophie âcette fois-ci sans dĂ©noncer son caractĂšre antipolitique ». Le fait que lâintĂ©rĂȘt dâArendt pour la facultĂ© de jugement de lâacteur politique dans les essais de 1960 se dĂ©place sur celle du spectateur dĂ©tachĂ© dans ses lectures sur Kant de 970 tend Ă donner du crĂ©dit Ă cette vision. Nous passons dâune analyse des modes de pensĂ©e et de jugement appropriĂ©s pour les citoyens engagĂ©s dans le dĂ©bat et la dĂ©libĂ©ration Ă une analyse du pouvoir rĂ©dempteur des jugements rendus rĂ©trospectivement par le poĂšte ou lâhistorien. Le dernier type de jugement aide Ă nous rĂ©concilier avec la rĂ©alitĂ© », mĂȘme quand âen particulier quand âla rĂ©alitĂ© est horrible et au-delĂ de toute comprĂ©hension. Je ne veux pas rentrer dans le dĂ©bat pour savoir si Arendt a une ou deux thĂ©ories du jugement. Non que je pense quâil soit plausible de suggĂ©rer quâArendt en soit venue Ă abandonner son exigence sur ce que Jerome Kohn appelle la prioritĂ© du politique » en faveur dâune forme sĂ©culaire de thĂ©odicĂ©e. Il est mieux, je pense, de voir cette phase de lâĆuvre dâArendt comme une tentative de penser Ă travers la tension entre la vie du citoyen et la vie de lâesprit. A de nombreux Ă©gards, cette tension occupa la pensĂ©e dâArendt Ă travers sa carriĂšre intellectuelle, trouvant une expression notable dans ses rĂ©flexions sur lâhostilitĂ© des philosophes et penseurs Ă la bios politikos, et sa description touchante de Socrate comme le premier, et peut-ĂȘtre le dernier, citoyen philosophe. Quâarrive-t-il Ă cette tension entre la vie de lâaction et la vie de lâesprit dans le dernier ouvrage dâArendt ? Si elle nâabandonne pas simplement lâaction pour la pensĂ©e, tente-t-elle, peut-ĂȘtre de rĂ©soudre ou dĂ©passer la tension entre ces deux activitĂ©s ? Il a Ă©tĂ© suggĂ©rĂ© par certains que le troisiĂšme volume de La Vie de lâEsprit, consacrĂ© au jugement, aurait fournit une telle synthĂšse, une formulation finale, en forme de couronnement, dans laquelle action et pensĂ©e auraient reçu chacun leur du et auraient Ă©tĂ© rĂ©conciliĂ©s dans lâactivitĂ© de juger. Le jugement, dâaprĂšs Arendt, est la facultĂ© qui ramĂšne sur terre la pensĂ©e âsolitaire, abstraite et tournĂ©e vers les invisibles » âla rendant manifeste dans le monde des apparences ». DâoĂč sa caractĂ©risation du jugement comme le sous-produit » de la pensĂ©e dans PensĂ©e et ConsidĂ©rations morales. Alors quâArendt combat catĂ©goriquement les idĂ©es HĂ©gelo-marxistes de lâunitĂ© de la thĂ©orie et de la pratique », son dernier ouvrage cependant offre la suggestion tentante que le jugement est le lien manquant entre la pensĂ©e et lâaction. Il est tentant de conclure quâArendt, Ă la fin de sa vie, dĂ©passa la distinction forte et sans compromis entre penser et agir qui constitue, pour lâessentiel, lâarchitecture de son Ćuvre antĂ©rieure. Sa description phĂ©nomĂ©nologique de lâactivitĂ© de penser dans la Vie de lâEsprit insiste sur son caractĂšre solitaire, le fait que penser demande un retrait du monde ». la pensĂ©e, Ă son niveau le plus profond âla pensĂ©e philosophique âest, dâaprĂšs Arendt, toujours engagĂ©e dans une guerre interne » avec le sens commun le sixiĂšme sens » qui nous installe dans un monde des apparences partagĂ© avec les autres. Câest un processus sans fin, une quĂȘte ouverte pour comprendre, qui ne produit ni savoir ni sagesse pratique. De ce fait tous les penseurs authentiques cultivent une aliĂ©nation du monde âils prennent la couleur du mort » âpour mieux prolonger leur expĂ©rience initiale dâĂ©tonnement devant lâexistence, un Ă©tat de pathos de lâĂąme qui comme Platon nous le rappelle se situe Ă lâorigine mĂȘme de la philosophie. Bien entendu, Arendt ne nie pas quâil existe dâautres modes de pensĂ©e, non philosophiques, qui sont cruciaux Ă la fois pour lâagent qui agit et qui juge. La pensĂ©e reprĂ©sentative » âla capacitĂ© de penser Ă la place de quelquâun dâautre âest spĂ©cifiquement dĂ©crite comme un mode de pensĂ©e politique qui facilite le prononcĂ© de jugements valides. De la mĂȘme maniĂšre, le dialogue de moi avec moi-mĂȘme » qui constitue la pensĂ©e a pour effet dâintroduire une sorte de pluralitĂ© au sein du moi. Cette pluralitĂ© se situe Ă la racine de la conscience elle-mĂȘme, lui permettant dâĂȘtre plus que la simple intĂ©riorisation des normes sociales ou des croyances. Nous devons, cependant, voir ces modes, appropriĂ©s au niveau moral, de rĂ©flexion comme des formes de la pensĂ©e ordinaire » que nous sommes en droit dâattendre de chaque adulte. DâoĂč le choc dâArendt âet le notre âquand nous rencontrons la pure absence de pensĂ©e » de quelquâun comme Eichmann, dont la conscience » Ă©tait presque entiĂšrement dĂ©finie par sa situation et ses devoirs et qui le conduisit donc, avec enthousiasme, Ă commettre les crimes les plus inimaginables. LâapprĂ©ciation dâArendt sur les horreurs permises par la croyance idĂ©ologique, combinĂ©e avec son expĂ©rience dâindividus qui, comme Eichmann, Ă©choue Ă penser et donc Ă juger, la conduisit Ă plaider constamment pour la capacitĂ© Ă avoir une pensĂ©e et un jugement indĂ©pendants personnels. Elle plaide pour cette capacitĂ© mĂȘme quand elle menace de dissoudre les vertus morales dâune culture ou quand elle place ceux qui jugent en dĂ©calage, non seulement avec la majoritĂ©, mais aussi avec le goĂ»t moral » de son Ă©poque. Ce nâest pas pour rien quâelle pose Socrate comme le modĂšle » du penseur dont la capacitĂ© Ă saper les coutumes et les conventions conduit Ă une amĂ©lioration du jugement moral. Parce que câest seulement en dĂ©veloppant la capacitĂ© Ă penser indĂ©pendamment et par soi-mĂȘme » que lâindividu peut espĂ©rer Ă©viter la catastrophe morale dans des situations oĂč tout le monde est emportĂ© » par une vague de conviction et dâenthousiasme mal placĂ©e. Nous voyons comment Arendt Ă©quilibre son appel de The Human Condition Ă un sens de la communautĂ© » renforcĂ© avec une forte apprĂ©ciation de lâindĂ©pendance morale et intellectuelle, une apprĂ©ciation morale du point de vue des parias ». Dans La Vie de lâEsprit, cependant, Arendt ne sâintĂ©resse pas Ă la pensĂ©e engagĂ©e ou politique, mais Ă ce qui faute dâun meilleur terme peut ĂȘtre appelĂ© la pensĂ©e extraordinaire » ou philosophique. En fait, sa derniĂšre Ćuvre insiste de façon aussi catĂ©gorique que The Human Condition sur le fait que cette activitĂ© est dans la plus grande tension possible non seulement avec la vie du citoyen, mais avec lâexistence mondaine en gĂ©nĂ©ral. De fait, alors quâelle avait le plus grand respect possible pour des penseurs extraordinaires » de Platon Ă Heidegger, elle continua Ă se mĂ©fier dâeux. Seul Socrate, de son point de vue, fut capable de pratiquer Ă la fois la pensĂ©e ordinaire et la pensĂ©e extraordinaire sans sacrifier lâune Ă lâautre. Cela suggĂšre-t-il quâil existe une sorte de stagnation dans la pensĂ© dâArendt, une absence de volontĂ© tĂȘtue de modifier ses trop strictes dĂ©finitions et oppositions ? Il nây a pas de doute que dans certains cas âpar exemple sa distinction entre le politique et le social ou le public et le privĂ© âArendt fut trop rigide pour son propre bien. Pour ce qui concerne la distinction entre la vie de lâesprit et la vie du citoyen ce nâest, cependant, pas le cas. En mettant au centre de sa rĂ©flexion sur la politique et la tradition cette opposition, Arendt est loin de dire que la vie du citoyen est ou devrait ĂȘtre sans esprit ». Ses appels rĂ©pĂ©tĂ©s au dĂ©bat, Ă la dĂ©libĂ©ration, au jugement et sa perspective sur la formation de lâopinion mettent en avant les capacitĂ©s rationnelles et morales des citoyens ordinaires. Son intention fut, plutĂŽt, de nous rappeler quâil ne peut y avoir de synthĂšse facile entre ces deux modes de vie opposĂ©s. Entre la vie du citoyen et celle du philosophe le choix est inĂ©vitablement tragique. ConfrontĂ©e Ă ce choix, ne biaisa jamais. Elle fut un penseur, mais un penseur qui de façon constante et rĂ©solue mit son poids du cĂŽtĂ© de la vie politique, de la vie civique, animĂ©e par le goĂ»t pour la chose publique, le souci du monde » et une indĂ©pendance de jugement. HantĂ©e par lâĂ©chec de beaucoup Ă rĂ©sister au dĂ©veloppement du totalitarisme et suspicieuse par rapport Ă la tradition philosophique dont la quĂȘte de la sagesse conduisit Ă dĂ©valuer, Ă la fois, la politique et la pluralitĂ© humaine, elle consacra ses considĂ©rables talents intellectuels Ă rĂ©vĂ©ler le sens insoupçonnĂ© dâune vie consacrĂ©e Ă la prĂ©servation active de la libertĂ© mondaine.
B Le congrĂšs de Tours, 1920. ActivitĂ© : Le congrĂšs de Tours en 1920. C) La crise de 29 et la victoire du Front populaire. ActivitĂ© : Le Front populaire. II) Les Ă©lections, le fascisme et le nazisme. ActivitĂ© sur le rĂ©gime nazi. III) LâURSS et le stalinisme. ActivitĂ© sur le rĂ©gime stalinien. Conclusion
Sujet Les rĂ©gimes totalitaires en Europe Italie, fasciste, Allemagne nazie, URSS stalinienne pendant les annĂ©es 20-30 points communs et diffĂ©rences. Vous rĂ©digerez lâintroduction et la conclusion ainsi que le plan dĂ©taillĂ© de cette composition Le XXe siĂšcle voit lâapparition dâun nouveau type de rĂ©gime politique qui est le totalitarisme. Les rĂ©gimes totalitaires sont au dĂ©part des dictatures avec un homme au pouvoir soutenu par un parti unique. Ainsi, pour lâItalie fasciste, Mussolini est au pouvoir de 1922 Ă 1943. En Allemagne, le parti nazi sâimpose en 1933 avec Ă sa tĂȘte Hitler de 1933 Ă 1945. Enfin en URSS, Staline parvient au pouvoir en 1928 pour y rester jusquâen 1953. Cependant, ces rĂ©gimes dĂ©passent la simple dictature pour devenir des rĂ©gimes totalitaires. Peut-on Ă©tablir un modĂšle de rĂ©gime totalitaire ? Yâa-t-il des points communs entre ces trois rĂ©gimes ? Nous nous demanderons si il y a des circonstances favorables et communes Ă lâapparition de ces rĂ©gimes. Puis nous tenterons de voir si on peut identifier des similitudes idĂ©ologiques. Nous terminerons notre Ă©tude sur la confrontation des pratiques totalitaires. I. Des points communs dans la mise en place des rĂ©gimes totalitaires 1. Des points communs structurels a. 3 Etats sans culture dĂ©mocratique oĂč les masses ont longtemps Ă©tĂ© Ă©cartĂ©es du pouvoir - Allemagne et Russie deux empires autoritaires jusquâĂ la PremiĂšre Guerre Mondiale - suffrage universel appliquĂ© pour la premiĂšre fois en Italie en 1919 b. 3 Etats Ă la recherche d'une cohĂ©sion, d'une unitĂ© nationale - Italie unifiĂ©e en 1870 - Allemagne unifiĂ©e en 1871 - Russie un gigantesque Etat multinational Russes, Finlandais, Polonais, Roumains⊠2. Des points communs conjoncturels a. 3 Etats en pleine crise politique - Division des chefs communistes Ă la mort de LĂ©nine 1924 - IncapacitĂ© des institutions libĂ©rales et de la classe politique Ă garantir l'ordre et la prospĂ©ritĂ© en Italie et en Allemagne b. 3 pays en pleine crise Ă©conomique et sociale - ConsĂ©quences du krach de 1929 en Allemagne inflation, chĂŽmage. - Italie agitĂ©e par les grĂšves au dĂ©but des annĂ©es 20 - URSS minĂ©e par la guerre civile famines, collectivisation forcĂ©es des terres, rĂ©voltes paysannes millions de victimes au dĂ©but des annĂ©es 20 c. 3 Etats traumatisĂ©s par la premiĂšre guerre mondiale - la persistance d'une culture de guerre - Italie affaiblie Ă©conomiquement et lĂ©sĂ©e par les traitĂ©s de paix - Allemagne humiliĂ©e par le TraitĂ© de Versailles qui a perdu son empire et qui est coupĂ©e en 2 - Guerre civile en Russie grĂšves, mutinerie Ă partir de 1917 qui conduit Ă lâabandon de la guerre II. Des divergences idĂ©ologiques majeures 1. Le fascisme lâidĂ©ologie de lâEtat a. L'exaltation de l'Etat b. Un nationalisme et une volontĂ© d'expansion, de domination basĂ©s sur des rĂ©fĂ©rences historiques 2. Le nazisme lâidĂ©ologie de la race a. La prĂ©dominance de la race aryenne b. Un nationalisme et une volontĂ© d'expansion, de domination basĂ©s sur des rĂ©fĂ©rences racistes 3. Le stalinisme lâidĂ©ologie de la classe a. Dictature de la classe ouvriĂšre et l'objectif de la sociĂ©tĂ© sans classe. b. IdĂ©ologie qui se veut universelle, Ă©galitaire et Ă©mancipatrice 4. Quelques points communs idĂ©ologiques ? a. Nazisme et fascisme Le rejet de la lutte des classes et anti-communisme b. Stalinisme, fascisme et nazisme la nĂ©gation de lâindividu Rejet de la dĂ©mocratie La nĂ©gation de l'individu et la volontĂ© de briser la sociĂ©tĂ© civile III. Les totalitarismes se caractĂ©risent surtout par leurs pratiques 1. Un Etat centralisĂ© dominĂ© par un chef charismatique a. Lâabsence de pluralitĂ© politique ou la toute puissance dâun parti unique b. Un chef charismatique c. La violence comme mode de gouvernement lâĂ©limination des ennemis du rĂ©gime 2. Une Ă©conomie encadrĂ©e a. Italie et Allemagne une intervention grandissante de lâEtat sans remettre en cause le principe de propriĂ©tĂ© privĂ©e b. en URSS Etatisation et planification 3. Le projet de l'homme nouveau a. le nivellement des consciences par la propagande b. lâencadrement de la jeunesse c. Lâencadrement de lâensemble de la sociĂ©tĂ© civile 4. Des rĂ©sistances difficiles a. Un soutien au rĂ©gime par acceptation ou conformisme. Le plus souvent rĂ©signation et adhĂ©sion se cĂŽtoient. b. des rĂ©sistances passives nombreuses c. Des rĂ©sistances actives rares et difficiles Conclusion Sâil est possible dâĂ©tablir des similitudes dans lâavĂšnement des rĂ©gimes totalitaires câest sur des bases idĂ©ologiques trĂšs diffĂ©rentes que ces Etats se sont installĂ©s. La grande similitude repose sur des pratiques identiques qui tendent au mĂȘme but. En effet, les mĂ©thodes des rĂ©gimes totalitaires tendent au mĂȘme objectif donner Ă la masse de la population une volontĂ© collective, absorber lâhomme sous tous ses aspects dans le tout idĂ©ologique national, racial ou social, faire que, non seulement ses idĂ©es politiques ou son rĂŽle social, mais Ă©galement sa vie professionnelle et familiale, ses croyances, ses valeurs, ses goĂ»ts esthĂ©tiques, soient mis au service de lâidĂ©ologie dâĂtat. Le but, qui nâa Ă©tĂ© atteint nulle part mais vers lequel ces trois rĂ©gimes ont tendu, a Ă©tĂ© dâabolir la sociĂ©tĂ© civile» en lâabsorbant dans cette entreprise collective. La seconde guerre mondiale sera lâaccomplissement des rĂ©gimes. Mais dans le cas de lâItalie et de lâAllemagne celle-ci entraĂźnera leur disparition. En URSS, le stalinisme sortira renforcĂ© par cette Ă©preuve.
Depuisle livre rĂ©digĂ© par la philosophe amĂ©ricaine Hannah Arendt en 1951, sous le titre Les Origines du totalitarisme, il est dâusage de distinguer deux types de totalitarisme : dâune part, les totalitarismes hard, le rĂ©gime stalinien et le rĂ©gime hitlĂ©rien ; dâautre part, les totalitarismes soft, le rĂ©gime mussolinien et le rĂ©gime franquiste. Tandis, en effet, que les rĂ©gimes
Voici les sujets et corrigĂ©s dâhistoire-gĂ©o et EMC pour le brevet de la voie gĂ©nĂ©rale et professionnelle Ă tĂ©lĂ©charger en PDF. Les rĂ©sultats du Brevet Voir aussi Bordeaux, Lyon, Marseille, Paris Ce vendredi 1er juillet, plus de Ă©lĂšves de troisiĂšme sĂ©rie gĂ©nĂ©rale et plus de collĂ©giens en sĂ©rie professionnelle ont passĂ© leur Ă©preuve dâhistoire gĂ©ographie brevet. Celle-ci dure deux heures et compte pour 50 points. Une partie est dĂ©diĂ©e Ă lâenseignement moral et civique. » LIRE AUSSI - Brevet de maths dĂ©couvrez le sujet et le corrigĂ© complet En gĂ©ographie, les collĂ©giens de la voie gĂ©nĂ©rale ont analysĂ© deux documents portant sur la France et lâUnion europĂ©enne. Les deux exercices dâhistoire portaient sur les deux guerres mondiales. Quant aux questions dâenseignement moral et civique, elles invitaient les candidats Ă rĂ©flĂ©chir sur le rĂŽle des mĂ©dias. Les collĂ©giens de la sĂ©rie professionnelle ont Ă©tĂ© interrogĂ©s en histoire sur lâarrivĂ©e de lâEuro comme monnaie unique. Ils ont ensuite planchĂ© sur lâamĂ©nagement du territoire en gĂ©ographie et sur les opĂ©rations extĂ©rieures en enseignement moral et civique. Ă VOIR AUSSI - Brevet des collĂšges plainte du ministĂšre de lâ Ăducation nationale aprĂšs une fuite des sujets Les collĂ©giens sont notĂ©s sur lâanalyse et la comprĂ©hension de documents, lâutilisation de repĂšres historiques et gĂ©ographiques et sur la mobilisation des compĂ©tences de lâenseignement moral et civique. Le sujet dâhistoire-gĂ©ographie voie gĂ©nĂ©rale âą Exercice 1. Analyser et comprendre des documents en gĂ©ographie 20 points GĂOGRAPHIE - La France et lâUnion europĂ©enne Document 1 La coopĂ©ration entre les Ătats de lâUnion europĂ©enne La Politique de CohĂ©sion, qui vise Ă rĂ©duire les Ă©carts de dĂ©veloppement entre les rĂ©gions, est la principale politique de lâUnion europĂ©enne en matiĂšre territoriale. [âŠ] LâintĂ©gration europĂ©enne passe par le dĂ©veloppement de la coopĂ©ration entre les Ătats membres. Cette coopĂ©ration prend des formes trĂšs diverses et se situe Ă diffĂ©rents niveaux institutionnels. En matiĂšre de sĂ©curitĂ©, les Ătats sont amenĂ©s Ă coopĂ©rer autour dâune politique commune de dĂ©fense et dâaccords de police Europol. En matiĂšre dâĂ©ducation, [âŠ] câest notamment le cas du programme Erasmus1. Toutefois, lâUnion europĂ©enne promeut surtout la coopĂ©ration interrĂ©gionale, câest-Ă -dire lâinteraction directe entre rĂ©gions appartenant Ă des pays membres diffĂ©rents autour dâun projet commun. Source EloĂŻse Libourel, GĂ©ographie de la France, 2017. Notes 1 Erasmus programme dâĂ©changes dâĂ©tudiants entre des Ă©tablissements dâenseignement Document 2 Un exemple de coopĂ©ration transfrontaliĂšre entre la France et lâEspagne Questions Document 1 1- Quel est lâobjectif de la Politique de CohĂ©sion de lâUnion europĂ©enne? 2- Quelles sont les deux Ă©chelles de coopĂ©rations Ă©voquĂ©es par le document? Document 2 3- Citez deux Ă©lĂ©ments qui favorisent les flux entre la France et lâEspagne. 4- Quels amĂ©nagements ou Ă©quipements ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s dans le cadre de la coopĂ©ration entre la France et lâEspagne? Documents 1 et 2 5- En vous appuyant sur des exemples prĂ©cis, montrez que lâUnion europĂ©enne favorise aux Ă©chelles nationale, rĂ©gionale et locale, les Ă©changes et la coopĂ©ration. âą Exercice 2. MaĂźtriser diffĂ©rents langages pour raisonner et utiliser des repĂšres historiques 20 points HISTOIRE - LâEurope, un théùtre majeur des guerres totales 1914-1945 1. DĂ©veloppement construit Sous la forme dâun dĂ©veloppement construit dâune vingtaine de lignes, prĂ©sentez les principales caractĂ©ristiques du rĂ©gime mis en place en Allemagne entre 1933 et 1945. Vous illustrerez chaque caractĂ©ristique par un exemple de votre choix. 2. Comprendre et pratiquer un autre langage ; utiliser des repĂšres Voir annexe page 7 / 7 Ă rendre avec la copie. âą Exercice 3. Mobiliser des compĂ©tences relevant de lâenseignement moral et civique 10 points Situation pratique Un exemple dâĂ©ducation aux mĂ©dias Document 1 CrĂ©er un mĂ©dia par Ă©tablissement scolaire HĂ©lĂšne Paumier, professeure de français, explique lâimportance pour elle dâapprendre aux Ă©lĂšves Ă produire et Ă publier des contenus mĂ©diatiques. Câest en produisant des contenus mĂ©diatiques quâils aient pour support la radio, la presse Ă©crite, la vidĂ©o ou le web quâon devient un lecteur, un auditeur, un tĂ©lĂ©spectateur averti1. Qui a fait de la radio une fois ne lâĂ©coute plus jamais de la mĂȘme oreille il sait quâun microtrottoir est le rĂ©sultat dâun choix, dâun angle, que les recherches doivent ĂȘtre sĂ©rieuses, validĂ©es et que lâinformation se vĂ©rifie et se replace dans son contexte. Et cette leçon sâĂ©tend Ă dâautres situations elle permet de comprendre quâon ne doit pas, sur les rĂ©seaux sociaux, rĂ©percuter sans vĂ©rifier, sâindigner sans savoir qui parle. HĂ©lĂšne Paumier, article extrait du journal Le Monde, publiĂ© le 21 fĂ©vrier 2019. Notes 1 Averti un citoyen informĂ© qui fait preuve dâun esprit critique face Ă lâinformation. Document 2 Extrait de la DĂ©claration des droits de lâHomme et du Citoyen de 1789. Article 11. La libre communication des pensĂ©es et des opinions est un des droits les plus prĂ©cieux de lâHomme tout Citoyen peut donc parler, Ă©crire, imprimer librement, sauf Ă rĂ©pondre de lâabus de cette libertĂ© dans les cas dĂ©terminĂ©s par la Loi. Questions Document 1 1- Indiquez deux raisons pour lesquelles la professeure pense quâune Ă©ducation aux mĂ©dias est nĂ©cessaire pour les collĂ©giens. 2- Expliquez le passage soulignĂ©. Document 2 3- Nommez la valeur de la RĂ©publique Ă laquelle fait rĂ©fĂ©rence lâarticle 11 de la DĂ©claration des droits de lâHomme et du Citoyen et prĂ©cisez par quoi elle est limitĂ©e dans ce mĂȘme article. Documents 1 et 2 4- Vous ĂȘtes membre du conseil de la vie collĂ©gienne CVC et vous avez dĂ©cidĂ© avec des camarades de crĂ©er un mĂ©dia pour le collĂšge. Vous rĂ©digez un texte expliquant ce que lâon doit respecter quand on produit ou diffuse des informations pour ce mĂ©dia, au moment oĂč les rĂ©seaux sociaux sont de plus en plus utilisĂ©s. ANNEXE Ă RENDRE EN FIN DâĂPREUVE. HISTOIRE - LâEurope, un théùtre majeur des guerres totales 1914-1945 1. Datez les trois Ă©vĂ©nements ou pĂ©riodes ci-dessous Ă lâemplacement des pointillĂ©s prĂ©vus Ă cet effet. a. Avec la RĂ©volution russe, les bolcheviks dirigĂ©s par LĂ©nine sâemparent du pouvoir en Russie. Un rĂ©gime fondĂ© sur les idĂ©es communistes est mis en place. Indiquez la date de cet Ă©vĂ©nement âŠâŠâŠ.. b. La DeuxiĂšme Guerre mondiale dĂ©bute par lâinvasion de la Pologne par lâAllemagne. Câest une guerre dâanĂ©antissement au bilan trĂšs lourd plus de 50 millions de victimes. Elle se termine par la capitulation de lâAllemagne suivie de celle du Japon quelques mois plus tard. Indiquez les dates de dĂ©but et fin de la DeuxiĂšme Guerre mondiale âŠâŠâŠâŠ et âŠâŠâŠâŠ. c. Le Front populaire est une union des trois partis de gauche. Cette union gagne les Ă©lections lĂ©gislatives et fait adopter des lois sociales en France. Parmi ces mesures, il y a notamment la semaine de travail de 40 heures ou encore les 14 jours de congĂ©s payĂ©s. Indiquez la date de la victoire Ă©lectorale du Front populaire âŠâŠâŠ.. 2. Sur la frise ci-dessous, placez, en utilisant des figurĂ©s adaptĂ©s, les trois Ă©vĂ©nements ou pĂ©riodes prĂ©sentĂ©s Ă la question. TĂ©lĂ©chargez le sujet dâhistoire-gĂ©o en PDF Le corrigĂ© dâhistoire-gĂ©o au brevet voie gĂ©nĂ©rale âą Exercice 1 Document 1 1- Lâobjectif de la Politique de CohĂ©sion de lâUnion europĂ©enne est de rĂ©duire les Ă©carts de dĂ©veloppement entre les rĂ©gions» des pays membres. 2- Les Ă©chelles de coopĂ©rations Ă©voquĂ©es sont lâĂ©chelle nationale coopĂ©ration entre les pays membres de lâUnion europĂ©enne et lâĂ©chelle rĂ©gionale coopĂ©ration entre les rĂ©gions de lâUnion europĂ©enne Document 2 3- Les axes de communication lignes Ă grande vitesse et les autoroutes et la libre circulation des hommes sans contrĂŽle aux frontiĂšres frontiĂšre ouverte facilitent les flux entre la France et lâEspagne 4- La coopĂ©ration entre la France et lâEspagne a par exemple abouti Ă la construction dâun hĂŽpital transfrontalier europĂ©en, Ă Puigcerda, dâune Ă©cole bilingue internationale au Perthus mais aussi lâamĂ©nagement dâaxes routiers secondaires entre les deux pays. Documents 1 et 2 5- La construction de lâUnion europĂ©enne, dĂšs son origine, a pour but de prĂ©server la paix mais aussi de favoriser la coopĂ©ration et le dĂ©veloppement des pays qui la constituent. Ainsi, Ă lâĂ©chelle nationale, pour garantir la sĂ©curitĂ© de chaque Ătat membre, une politique de dĂ©fense commune a Ă©tĂ© mise en place et les polices des diffĂ©rents pays coopĂšrent au sein dâEuropol. La Politique de CohĂ©sion Ă©conomique, sociale et territoriale permet des projets Ă lâĂ©chelle de toute lâEurope, comme le projet Erasmus qui est un programme dâĂ©changes dâĂ©tudiants. A lâĂ©chelle rĂ©gionale, la coopĂ©ration entre les pays membres permet de dĂ©velopper des territoires transfrontaliers oĂč les Ă©changes Ă©conomiques et les migrations sont intenses, favorisĂ©s par lâexistence de lâespace Schengen. Les frontiĂšres, ouvertes, permettent ainsi tous les jours Ă des travailleurs frontaliers de se rendre dans le pays voisin pour travailler. A lâĂ©chelle locale, des projets europĂ©ens concrets voient le jour grĂące au soutien financier du FEDER fond europĂ©en de dĂ©veloppement rĂ©gional construction dâhĂŽpitaux, dâĂ©cole, de routes. Ces amĂ©nagements encouragent les Ă©changes et sont la preuve de la coopĂ©ration europĂ©enne Ă toutes les Ă©chelles. âą Exercice 2 Dans le contexte de la crise Ă©conomique qui secoue lâAllemagne dans les annĂ©es 1930, le NSDAP parti nazi rĂ©ussit Ă sâimposer sur la scĂšne politique. Adolf Hitler, nommĂ© chancelier le 30 janvier 1933, met alors progressivement en place un rĂ©gime totalitaire. Mais quelles sont les caractĂ©ristiques du rĂ©gime nazi? Nous verrons que le projet nazi est un projet totalitaire sâappuyant dâabord sur la nĂ©gation de la dĂ©mocratie et le contrĂŽle de la sociĂ©tĂ© , puis quâil est Ă la fois raciste et antisĂ©mite et enfin quâil cherche Ă dominer lâEurope. DĂšs les mois de fĂ©vrier 1933, Hitler met fin Ă la dĂ©mocratie dans son pays aprĂšs lâincendie du Reichstag. Tous les partis politiques sont interdits et les libertĂ©s individuelles sont supprimĂ©es. Hitler devient le fĂŒhrer», le chef unique, Ă la tĂȘte dâun parti unique, le parti nazi. On lui voue un vĂ©ritable culte de la personnalitĂ©. Les opposants sont poursuivis par une police politique, la Gestapo qui les interne dans des camps comme Dachau. Ainsi, la dictature en place contrĂŽle la sociĂ©tĂ© par la terreur et la rĂ©pression. Mais il faut Ă©galement que les Allemands adhĂšrent Ă lâidĂ©ologie nazie, câest pourquoi ils sont littĂ©ralement embrigadĂ©s, notamment dans les Jeunesses hitlĂ©riennes et par la propagande affiches, dĂ©filĂ©s etc. Le rĂ©gime nazi repose ensuite sur une idĂ©ologie qui est raciste et antisĂ©mite. Pour Hitler, le monde est constituĂ© de diffĂ©rentes races» dont une race supĂ©rieure», la race aryenne, appelĂ©e Ă dominer les races infĂ©rieures» Slaves, Juifs, Tziganes. Câest la raison pour laquelle les lois de Nuremberg de 1935 excluent les Juifs de la nation allemande et que des pogroms se multiplient nuit de Cristal en 1938. Enfin, le rĂ©gime nazi est un rĂ©gime expansionniste qui cherche Ă dominer lâEurope. Hitler dĂ©fend en effet la nĂ©cessitĂ© de conquĂ©rir un espace vital» vers lâEst. Pour se faire il ordonne la remilitarisation de lâAllemagne, interdite par le traitĂ© de Versailles, et signe des alliances avec lâItalie fasciste et le Japon. AprĂšs lâannexion de lâAutriche et des SudĂštes en 1938, il attaque la Pologne le 1er septembre 1939 et propulse le monde dans une nouvelle guerre mondiale. Ainsi, les principales caractĂ©ristiques du rĂ©gime nazi sont dâĂȘtre un rĂ©gime totalitaire, comme lâURSS de Staline. Cependant, Ă lâinverse du communisme, lâidĂ©ologie nazie est raciste, antisĂ©mite et belliciste elle veut la guerre. Ce rĂ©gime Ă lâorigine de millions de morts, dont 6 millions de Juifs, victimes dâun gĂ©nocide, ne survivra pas Ă la fin de la guerre. HISTOIRE - LâEurope, un theÌaÌtre majeur des guerres totales 1. a. octobre 1917 b. 1939 et 1945 c. 1936 2. Sur la frise ci-dessous, placez, en utilisant des figureÌs adapteÌs, les trois eÌveÌnements ou peÌriodes preÌsenteÌs aÌ la question 1. Placer des traits avec des numĂ©ros 1, 2 pour la rĂ©volution russe 1917 et victoire du Front populaire 1936, colorier entre 1939 et 1945 et faire lĂ©gende avec Seconde Guerre mondiale. âą Exercice 3 Questions - Document 1 1- Ce professeur pense quâune Ă©ducation aux mĂ©dias est nĂ©cessaire pour les collĂ©giens car elle leur permettra de faire preuve dâun esprit critique face Ă une information vĂ©rifier quâelle est vraie mais aussi dâapprendre comment produire du contenu mĂ©diatique. 2- Lâinformation se vĂ©rifie par lâĂ©tude de la source qui la produit il faut que ce soit un site institutionnel ou un mĂ©dia reconnu un journal, une chaĂźne de tĂ©lĂ©vision. Les journalistes doivent eux-mĂȘmes vĂ©rifier leurs sources. De plus une information doit ĂȘtre replacĂ©e dans son contexte, câest Ă dire dans le temps oĂč se dĂ©roulent les Ă©vĂ©nements. Un fait peut ĂȘtre choquant ou interdit aujourdâhui mais ĂȘtre comprĂ©hensible et permis Ă une autre Ă©poque. Document 2 3- La valeur de la RĂ©publique mentionnĂ©e dans lâarticle 11 est la libertĂ© et notamment la libertĂ© de la presse. Elle est limitĂ©e par la loi dans le cas oĂč elle est abusive, câest Ă dire quâelle ne respecte pas la libertĂ© dâautrui droit Ă lâimage, propos diffamatoires. Documents 1 et 2 4- Le conseil de vie collĂ©gienne vous invite Ă participer au journal du collĂšge! Venez ici prĂ©senter vos projets, racontez-y vos anecdotes et conseillez vos camarades par vos choix de lecture ou de musiques. Apprentis journalistes, rejoignez-nous! Mais attention, vous ne pourrez pas diffuser la photo dâun camarade sans lui en avoir demandĂ© lâautorisation, câest le droit Ă lâimage, et vous ne pourrez pas non plus dire du mal dâun professeur, car il sâagirait de diffamation. Vous devez, comme apprenti journaliste, respecter un code de dĂ©ontologie ne pas diffuser de fausses informations, vĂ©rifier vos sources et toujours prĂ©senter les faits dans leur contexte. Câest Ă vous dâobserver, dâessayer dâexpliquer et vous pouvez mĂȘme Ă©mettre un avis. Le journaliste nâest pas tenu Ă la neutralitĂ©, notre journal pourra exprimer vos opinions, Ă condition quâelle ne heurte personne, nâappelle pas Ă la violence, bref, Ă condition quâelle respecte la loi. Ce mĂ©dia ne vous permettra pas de liker» abusivement ou de tenir des propos injurieux en commentaire, qui sont aujourdâhui les flĂ©aux des rĂ©seaux sociaux, mais il vous permettra de mettre un coup de projecteur sur ce qui vous intĂ©resse vraiment. Le sujet dâhistoire-gĂ©ographie au brevet professionnel du vendredi 1er juillet âą Exercice 1. Analyser et comprendre des documents en histoire et en gĂ©ographie 20 points HISTOIRE - ThĂšme - Le monde depuis 1945 Document 1 - Une du journal LibĂ©ration, 1er janvier 1999. Cette une du journal LibĂ©ration du 1er janvier 1999 annonce la crĂ©ation officielle delâeuro. Cette nouvelle monnaie sera utilisĂ©e seulement Ă partir du 1er janvier 2002. Document 2 - Discours de M. Jacques Chirac, prĂ©sident de la RĂ©publique, 31 dĂ©cembre 2001. Mes chers compatriotes, Avec lâarrivĂ©e de lâeuro, nous allons vivre dans quelques heures un moment historique 300 millions dâEuropĂ©ens partageront dĂ©sormais la mĂȘme monnaie. Câest lâEurope qui avance. Câest lâEurope qui progresse. [âŠ] Lâeuro est une victoire de lâEurope. AprĂšs un siĂšcle de dĂ©chirements, de guerres, de tĂątonnements, voici que, dans la paix, lâunitĂ© et la stabilitĂ©, notre continent affirme enfin son identitĂ© et sa puissance! [âŠ] Bien sĂ»r, il faudra Ă chacune et Ă chacun un temps dâadaptation pour trouver ses repĂšres, apprendre les prix, apprivoiser la nouvelle monnaie. Certains Ă©prouveront peut-ĂȘtre des difficultĂ©s. En y mettant toute la patience, lâattention et lâentraide nĂ©cessaires, vous verrez que les nouvelles habitudes ne tarderont pas Ă venir. Mais vous le savez bien, il ne sâagit pas seulement de remplacer nos francs par des euros. Lâeuro, câest une chance dâavenir supplĂ©mentaire pour la France et les Français. Et câest aussi une nouvelle façon dâĂȘtre en Europe, de vivre lâEurope, une Europe du quotidien qui doit devenir pleinement celle des citoyens. [âŠ] Oh, lâeuro nâest pas une fin en soi. Il signifiera, pour nous, plus de croissance, plus dâemplois, plus de pouvoir dâachat, plus dâĂ©changes. Une France plus forte. Mais il doit ĂȘtre avant tout un instrument au service de lâEurope des hommes que nous construisons. Ă nous maintenant dâen tirer parti! Car si lâeuro est une chance, câest aussi un dĂ©fi. Source le 3 janvier 2002 Questions Document 1 1 Quel Ă©vĂšnement historique cette une de journal prĂ©sente-t-elle? 2 La une du journal LibĂ©ration du 1er janvier 1999 annonce âŠÂ» Recopiez cette phrase sur votre copie et complĂ©tez-la Ă lâaide dâune des propositions ci-dessous - ⊠la mise en circulation des piĂšces et des billets en euros dans onze pays europĂ©ens au 1er janvier 1999. - ⊠la crĂ©ation de lâeuro comme monnaie officielle de onze pays europĂ©ens Ă partir du 1er janvier 1999. - ⊠la suppression des piĂšces et des billets en francs Ă cette date du 1er janvier 1999. 3 DĂ©crivez la tenue et lâattitude du personnage prĂ©sent sur cette une. Document 2 4 Reproduisez le tableau sur votre copie et complĂ©tez-le Ă lâaide dâinformations prĂ©levĂ©es dans le document. 5 Relevez dans le texte la difficultĂ© que le passage Ă lâeuro va poser Ă une partie de la population. Documents 1 et 2 6 Indiquez au moins trois aspects positifs que reprĂ©sente le passage Ă lâeuro dâaprĂšs ces deux documents. âą Exercice 2. MaĂźtriser diffĂ©rents langages pour raisonner et utiliser des repĂšres historiques et gĂ©ographiques 20 points GEOGRAPHIE - ThĂšme - Pourquoi et comment amĂ©nager le territoire? 1 Sous la forme dâun dĂ©veloppement construit dâune quinzaine de lignes et en vous appuyant sur un exemple Ă©tudiĂ© en classe, dĂ©crivez les objectifs de lâamĂ©nagement du territoire aujourdâhui en France. Pour vous aider, vous pourrez utiliser les mots et les expressions suivants inĂ©galitĂ©s territoriales, transports, services publics, environnement, dĂ©veloppement Ă©conomique, acteurs, Ătat, collectivitĂ©s, conflit dâusages. 14 points 2 Mobiliser des repĂšres gĂ©ographiques. 6 points - Ă partir de la lecture de la carte, reportez en lĂ©gende le figurĂ© correspondant aux massifs montagneux. - Ă partir de la lecture de la carte, indiquez en lĂ©gende Ă quoi correspondent les ronds noirs. - Pour chaque photographie de lieu, indiquez le chiffre lui correspondant sur la carte. Ă RĂALISER SUR LâANNEXE PAGE 9/9 Document 2 - Discours dâinauguration du monument par le prĂ©sident de la RĂ©publique Emmanuel Macron du 11 novembre 2019. Le chef de lâĂtat vit avec cette part de tragique que renferme en puissance chacune de ses dĂ©cisions. Il assume au quotidien, avec la ministre et les chefs dâĂ©tat-major, la duretĂ© des missions et des combats, les blessĂ©s, les morts aussi, hĂ©las. Mais il le faut. Pour la dĂ©fense de nos concitoyens. Pour la protection de nos intĂ©rĂȘts. Pour la stabilitĂ© du monde. Et parce quâil le faut, nous continuerons, aujourdâhui comme hier, demain, encore, toujours, Ă dĂ©fendre nos valeurs et Ă combattre nos ennemis. La France ne cessera pas dâexercer ses responsabilitĂ©s, dâassumer la place singuliĂšre quâelle occupe dans le concert des nations1 et de porter cette voix qui rĂ©sonne si puissamment parmi les peuples parce que, gĂ©nĂ©ration aprĂšs gĂ©nĂ©ration, des Français ont consenti Ă tout sacrifier pour la paix. [âŠ] Jâadresse aussi mes plus vives salutations et ma reconnaissance Ă tous ceux qui, en ce moment mĂȘme, sont dĂ©ployĂ©s partout oĂč nos intĂ©rĂȘts le commandent. Dans les plaines immenses et arides du Sahel, dâAfrique ou du Levant, sur les mers et dans les abysses2 des ocĂ©ans, vous ĂȘtes Ă la fois nos sentinelles et notre bouclier. Soyezen remerciĂ©s.» 1. Concert des nations expression qui dĂ©signe lâensemble des pays du monde qui respectent les rĂšgles diplomatiques. 2. Abysses profondeurs. Source texte du discours officiel publiĂ© sur le site de LâElysĂ©e, le 11 novembre 2019. Questions Document 1 1 En lâhonneur de qui ce monument est-il construit? 2 Recopiez et complĂ©tez le tableau ci-aprĂšs pour comprendre ce monument Document 2 3 Identifiez au moins deux missions que poursuit lâarmĂ©e française Ă lâĂ©tranger dâaprĂšs le prĂ©sident de la RĂ©publique. 4 Ă lâaide des deux expressions suivantes - devoir de dĂ©fense et devoir de mĂ©moire - complĂ©tez sur votre copie les phrases suivantes âą Lors dâactions de commĂ©moration, on accomplit un ⊠⹠Lors dâengagements dans des missions avec lâarmĂ©e française, on accomplit un⊠Documents 1 et 2 5 Suite Ă lâinauguration du monument aux morts, votre professeur vous demande de rĂ©diger un texte de quelques lignes qui explique lâimportance de lâengagement des soldats en opĂ©rations extĂ©rieures. Le corrigĂ© dâhistoire-gĂ©o au brevet voie professionnelle
Miseen tension du sujet et travail sur lâintitulĂ© du sujet er o Quand ? : 1917 â annĂ©es 1930. La pĂ©riode sâĂ©tend de lâapparition du 1 rĂ©gime totalitaire en URSS, avec la RĂ©volution dâOctobre en 1917, jusquâĂ la fin des annĂ©es 1930 qui marque la plongĂ©e du monde dans la Seconde Guerre mondiale du fait des totalitarismes bruns (nazisme essentiellement et fascisme plus Ă la
aYabw. 9m5ady41qj.pages.dev/4439m5ady41qj.pages.dev/4799m5ady41qj.pages.dev/2579m5ady41qj.pages.dev/4939m5ady41qj.pages.dev/799m5ady41qj.pages.dev/1359m5ady41qj.pages.dev/3189m5ady41qj.pages.dev/86
développement construit sur le régime totalitaire stalinien